"Je pense qu’on va perdre la moitié des clients par démotivation", craint ce gérant de salle de fitness à Petit-Rechain

À partir du 9 juin, les salles de fitness pourront rouvrir. Une bonne nouvelle pour les exploitants, qui se trouvent souvent dans des situations financières alarmantes. Mais malgré cette annonce, certains restent prudents : ils craignent de perdre des clients par démotivation.

C’est le cas de Hubert Plumanns, qui tient une salle de sport depuis 53 ans à Petit-Rechain. Ancien champion de Belgique, d’Europe et vice-champion du monde de culturisme, pour lui, rouvrir est un soulagement. Mais il maintient que le 9 juin, ce ne sera toutefois pas l’euphorie pour lui : "C’est une "bonne nouvelle" parce qu’on recommence à un très mauvais moment, puisque c’est le moment où il y a le moins de monde dans les salles. En recommençant au mois de juin, on risque de n’avoir que la moitié de nos clients."

On recommence à un très mauvais moment, puisque c’est le moment où il y a le moins de monde dans les salles.

 

Même fermé, les factures ont continué d’arriver

L’ancien culturiste craint aussi l’obligation d’investir dans du matériel de traitement d’air. Or, les finances sont à plat : comme ses collègues, il n’a pu ouvrir que trois mois depuis mars 2020. "C’est très dur parce qu’on n’a rien, regrette le patron. Personne ne nous a aidés. Par exemple, la Sabam nous a obligés à les payer alors qu’on ne diffuse pas de musique. On a dû payer les responsabilités civiles ou encore les assurances incendies, sans aucune rentrée d’argent. J’ai dû puiser dans mes économies pour payer toutes les charges", détaille-t-il.

Peur que ses clients soient démotivés

Cet espace de fitness, c’est toute la vie d’Hubert Plumanns. Ses clients, très fidèles, sont ses amis. Or, il craint d’en perdre beaucoup. "Je pense qu’on va perdre au moins 50% de la clientèle parce qu’on a démotivé les gens."

Démotivés, ce n’est pas le cas de Marvin et Pauline, qui fréquentent assidûment la salle, et qui ont trouvé des solutions de rechange en attendant sa réouverture : "Mentalement, c’est difficile de faire ça chez soi dans son garage. Ça ne remplace absolument pas la salle. A la place de faire une heure et demie ici à la salle, je faisais une heure dans mon garage", explique le premier. "Faire les entraînements à la maison, c’est beaucoup moins motivant parce qu’on est tout seul devant son écran pour suivre les exercices", poursuit la deuxième.

Autant dire que ces deux sportifs trépignent d’impatience à l’idée de pouvoir soulever de la fonte en salle à nouveau.
 

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