Insuffisance cardiaque: une technique innovante de suivi à distance au CHR de la Citadelle

La docteur Cynthia Barbraud et ses collègues en pleine intervention
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La docteur Cynthia Barbraud et ses collègues en pleine intervention - © RTBF - Martial Giot

En Belgique, 230 000 personnes souffrent d'insuffisance cardiaque et 150 000 nouveaux cas sont détectés chaque année. Dans cette maladie chronique évolutive, le cœur est incapable d'assurer sa fonction de pompe. A la clé: fatigue, essoufflements et surtout des hospitalisations à répétition et bien entendu un important risque d'arrêt cardiaque.

Des systèmes de suivi à distance se développent pour tenter de réduire les hospitalisations et la mortalité. Parmi eux: le capteur CardioMEMS. Il a déjà été implanté à plus de 10 000 patients dans le monde, au départ des États-Unis. Un protocole de recherche est en cours dans sept pays européens. Le seul partenaire belge francophone est le CHR de la Citadelle qui a commencé à implanter ce capteur à certains de ses patients en septembre dernier.

Ce mercredi, deux nouvelles interventions y étaient pratiquées. "Il s'agit d'un système miniaturisé qui va s'implanter dans une branche de l'artère pulmonaire.", explique la docteur Cynthia Barbraud, "Il va être maintenu grâce à toutes fines ailettes qui vont s'intégrer à la paroi tout en laissant le dispositif enregistrer les variations de pressions. C'est une intervention que nous réalisons sous anesthésie locale."

Le docteur Pierre Troisfontaines, responsable du centre d'insuffisance cardiaque du CHR de la Citadelle poursuit: "Ce capteur permet de mesurer les pressions et également la fréquence cardiaque. Aucune batterie, il est placé à vie et il donnera des mesures quotidiennement. L'avantage, c'est de pouvoir anticiper les déstabilisations avec une sensibilité beaucoup plus grande. Donc on peut anticiper de deux à trois semaines une déstabilisation du patient, adapter beaucoup plus rapidement et lui éviter de nouvelles hospitalisations. Aux États-Unis, les premières études ont montré des réductions de l'ordre de 40% des hospitalisations et également des événements majeurs et des décès."

Le docteur Pierre Troisfontaines nous montre ensuite l'oreiller spécial que chaque patient emmène chez lui après l'intervention: "On lui demande tous les matins de se coucher sur cet oreiller, d'activer la console, à ce moment-là la mesure est faite et les données sont envoyées par un serveur sécurisé vers les médecins prenant en charge les patients." La docteur Cynthia Barbraud poursuit: "Il faut surtout une équipe qui va suivre derrière, lire les données que nous recevons quotidiennement et intégrer ça."

Paul Peeters a 69 ans. Son insuffisance cardiaque a été diagnostiquée il y a 35 ans. Elle lui a valu de très nombreuses hospitalisations et plusieurs arrêts cardiaques. Outre un pacemaker défibrillateur, il bénéficie depuis la mi-septembre du capteur CardioMEMS. "Je ne puis que le conseiller à tout qui serait dans la même situation que moi", nous explique Paul Peeters, "On se sent un peu avec un ange gardien derrière soi. C'est très rassurant. Ça aide aussi à la qualité de vie puisque, bon, on se sent rassuré. La médication est suivie à la seconde, je dirais presque." Quant au fameux oreiller qui transmet les données... "On se couche dessus simplement. Je fais ça en même temps que d'autres prises de paramètres, poids et tension. Ça ne prend pas deux minutes, c'est devenu une routine.", conclut Paul Peeters.

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