Inondations: des acheteurs pour les maisons sinistrées

Que faire de sa maison sinistrée? Les agences immobilières le constatent: une série de propriétaires choisissent de vendre tout de suite et partir plutôt que de réparer. Il y a des acheteurs prêts à rénover à leur place, pour revendre après ou pour y mettre des locataires. Conséquence: la sociologie de la vallée de la Vesdre pourrait changer.

On a des investisseurs qui cherchent des maisons à 50 000 euros pour les rénover et les mettre en location

Des propriétaires qui veulent vendre à cause de l'inondation, sans rénover, oui, il y en a. A Pepinster par exemple ou à Trooz. Une dame à Nessonvaux nous a confirmé hors interview qu'elle voulait vendre et que c'était bien à cause de la catastrophe.

Des acheteurs, c'est peut-être étonnant, mais il y en a. Pour eux, ces maisons sinistrées restent intéressantes. Olivier Thissen, agent immobilier: "On a des investisseurs qui cherchent des maisons pour des montants de 50, 60 000 euros. J'ai été contacté par un client qui m'a dit, voilà, j'ai 700 000 euros pour faire des acquisitions de petites maisons dans la vallée qui auraient été sinistrées et où il y a un potentiel de réhabilitation. Et il rénovera pour mettre ensuite en location". Un certain site immobilier affiche d'ailleurs environ 80 maisons à vendre entre 50 et 150 000 euros dans la vallée de la Vesdre.

Des locataires à la place des propriétaires: "Ça peut créer un problème financier pour la commune"

Mais avec une forte augmentation des locations, c'est la sociologie même de la vallée de la Vesdre qui pourrait être modifiée, comme le confie Fabien Beltran, le bourgmestre de Trooz: "J'ai vu des promoteurs qui sonnaient à des maisons pour demander aux habitants si elles étaient en vente. La proposition peut être alléchante pour le propriétaire. Mais c'est la sociologie complète de la commune qui risque d'être modifiée évidemment. Ce n'est pas une généralité, mais il y a des locataires qui n'entretiennent pas le bien de la même manière que si c'était leur propre bien. Le locataire, de manière générale, n'a pas forcément le même revenu que le propriétaire. Ça signifie une baisse des impôts qui sont perçus par les communes, et ça peut créer un problème financier pour l'administration communale de se retrouver avec des locataires à la place de propriétaires".

Pour les sinistrés qui ne veulent plus rester chez eux, il ne faut pas fermer la porte à un investisseur

Et pour les habitants de la vallée qui ont peur de se réinstaller chez eux et préfèrent mettre leurs maisons en vente, Renaud Chauvin, porte-parole des notaires de la province de Liège, a quelques conseils à donner: "La première chose à faire, c'est de voir combien donne la compagnie d'assurances pour voir dans quelle mesure ils sont prêts à demander un prix raisonnable parce qu'ils se rendent bien compte qu'il n'y a pas beaucoup de gens qui seront intéressés par acheter dans cette région-là, surtout si le bien a été endommagé. Mon conseil, c'est d'abord d'avoir un dossier bien ficelé avec la compagnie d'assurances pour savoir exactement le montant des indemnités, et après, mon conseil, ce sera d'être raisonnable dans le prix qu'ils vont demander. Si on ne veut plus retourner dans sa maison parce qu'on a peur, il ne faut pas fermer la porte à un investisseur. Il faut ouvrir la négociation. Après, c'est une question d'offre et de demande évidemment. Moi, le seul dossier que j'ai pour le moment qui s'est concrétisé depuis les inondations, c'est un dossier très spécifique où le bien se situe justement à côté d'une grande surface, et c'est l'occasion pour la grande surface de s'agrandir. A ce moment-là, l'accord a été assez vite fait".

Inondations en Belgique: soutien psychologique aux sinistrés (JT 18/08/2021)

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