Tihange: fin des opérations, toujours aucune trace de l'ado de 12 ans

Les opérations de recherche du jeune patro de 12 ans emporté par la crue d'un petit ruisseau avec sa monitrice à Tihange se sont terminées ce dimanche en fin d'après-midi, aux alentours de 17 heures. Le garçon n'a toujours pas été retrouvé.

"On doit effectivement arrêter les recherches pour des raisons de sécurité, a confirmé Christophe Collignon (PS), bourgmestre de Huy. Lorsque l'on arrive en fin de journée, lorsque l'obscurité est là, cela devient des conditions de sécurité qui, au niveau de la Meuse, mettent en péril la vie des gens qui interviennent."

Les recherches reprendront ce lundi matin, avec du renfort. "Nous avons demandé et obtenu la coopération de militaires de la caserne d'Amay qui mettra à disposition deux bateaux. Ils longeront les berges en patrouille de contrôle."

La jeune femme avait été retrouvée saine et sauve samedi, mais pas le jeune garçon et les recherches avaient déjà du être interrompues vers 2 heures du matin dans la nuit de samedi à dimanche pour des raisons de sécurité. Elles avaient repris ce dimanche matin à l'aube, mais se sont donc une nouvelle fois révélées infructueuses.

Un hélicoptère de la police fédérale, muni d'une caméra thermique, ainsi qu'un sonar, ont sillonné la zone avec pour mission de sonder la Meuse. Les recherches se sont en effet dirigées vers le fleuve, dans lequel se jettent les égouts où a été signalé pour la dernière fois l'adolescent. "Ce dimanche matin, les équipes ont refouillé la rive droite de la Meuse au départ de la centrale nucléaire", a précisé le commissaire Alain Remue. "Cinq ans après la disparition des deux sœurs à Engis, la Meuse est contre nous".

Crue imprévue

Le ruisseau dit de "L'homme sauvage" qui traverse le village de Tihange était brutalement sorti de son lit ce samedi aux alentours de 15 heures. Les flots avaient emporté le jeune garçon et son animatrice de Patro.

Le plan catastrophe local avait dès lors été déclenché, et d'importants moyens humains ont été déployés. Une quinzaine de pompiers, dont une unité spécialisée de plongeurs, ainsi qu'une quinzaine de policiers ont été mobilisés pour mener les opérations sur le terrain.

Les plongeurs ont notamment fouillé les égouts du centre de Tihange après avoir analysé les trajets suivis par l'eau, et en ont extrait une première personne vers 17h30, a pu observer notre équipe sur place. Elle a été sortie vivante de l'égout (en photo ci-dessous), comme l'a raconté un témoin à l'un de nos journalistes (voir vidéo ci-dessous).

"On croise les doigts pour la suite"

Il s'agit bien de l'animatrice de Patro, âgée d'une vingtaine d'années. Arrivé plus tôt sur les lieux, le bourgmestre de Huy Christophe Collignon (PS) l'a confirmé lors d'un point presse : elle paraît "saine et sauve" et a été emmenée au CHR de Huy, car blessée malgré tout. "Apparemment, ses jours ne sont pas en danger", a-t-il ajouté. Elle a été retrouvée à hauteur du numéro 30 de la rue du Marais.

"On espère désormais retrouver le jeune garçon. Il y a une bonne nouvelle, on croise les doigts pour la suite", a-t-il encore déclaré, précisant que les recherches se concentraient désormais autour du point où a été retrouvée la jeune fille.

Selon le témoignage de l'animatrice rescapée, celle-ci est restée en contact verbal avec le jeune garçon, encore peu de temps avant d'être secourue. Depuis, les opérations se poursuivent dans l'espoir de le retrouver, précise le centre de crise.

"L'opération en cours est évidemment notre priorité"

"Le ruisseau qui s'appelle 'L'homme sauvage' aurait débordé de son lit, a par ailleurs relaté le bourgmestre. Suite au dégel, on suppose qu'un bouchon de glace aurait cédé. Donc, en sortant de son lit, il a provoqué un torrent, une vague. Il y avait un Patro de Tihange qui faisait une activité le long de la rivière. Certains répétaient un spectacle, et d'autres jouaient simplement à cache-cache, m'a-t-on dit."

"Un enfant de 10-12 ans a été emporté, sa monitrice l'a suivi et ils ont été emportés dans le torrent. On a vérifié les trajets d'eau. L'opération en cours est évidemment notre priorité. (...) On croise les doigts, et on va faire les recherches les plus ardues possibles. On s'occupera des inondations dans un second temps, mais qui sont évidemment de moindre ampleur par rapport à nos recherches."

"On a développé un centre de crise psychosocial pour les scouts, pour les moniteurs. Les parents sont avec les psychologues", a encore ajouté Christophe Collignon.

Des maisons sont par ailleurs inondées par les eaux dans le bas de Tihange, notamment à hauteur de la rue du Centre, à proximité de laquelle le drame s'est produit.

La Fédération des Patros exprime son soutien

Dans la soirée de samedi, la Fédération nationale des Patros a communiqué son soutien à l'équipe d'animation de Tihange. "Compte-tenu des évènements survenus à Tihange ce samedi, la Fédération nationale des Patros souhaite exprimer son soutien à l'équipe d'animation du Patro des Ti-Loups de Tihange", a-t-elle déclaré dans un communiqué.

"Nous marquons notre pleine confiance en l'encadrement mis en place par l'ensemble de l'équipe auprès des jeunes qu'ils accueillent chaque semaine", a ajouté la fédération.

Un problème récurrent ?

Jeudi matin, le colonel Stéphane Bouquette, chef de la zone de secours HEMECO (zones couvertes par les pompiers de Huy et Hamoir), et le capitaine Tanguy Fierens avaient fait part de leurs inquiétudes par rapport au dégel. Lorsque le dégel se produit, indiquaient-ils, les eaux des ruisseaux et des rivières sont particulièrement troubles et dangereuses.

Ce type d'inondation serait par ailleurs un problème récurrent dans la rue du Centre à Tihange. Des habitants disaient attendre une solution depuis près de 50 ans, expliquait en août dernier La Meuse. "C'est toujours le même scénario : le ruisseau de l'homme sauvage déborde, emporte avec lui branchages et autres déchets de la forêt vers le bassin d'orage. Mais tous ces déchets arrivent sur une grille, et finissent par boucher le bassin", confiait alors une habitante.

La crue violente du ruisseau "n'est pas uniquement due à la fonte des neiges", a toutefois affirmé Paul Dewil, le coordinateur du centre régional de crise.

"Le niveau des ruisseaux est bien entendu orienté partout à la hausse en raison du dégel et de la fonte des neiges mais dans ce cas-ci, un élément supplémentaire a dû intervenir pour provoquer cette lame qui a emporté les 2 victimes mais qui a aussi causé l'inondation de plusieurs dizaines de maisons dans le haut de Tihange, une zone pentue mais largement lotie", a-t-il précisé Dewil.

Parmi les hypothèses évoquées figure la libération brutale d'un "bouchon" qui se serait formé dans un tuyau passant sous une route. "Il est également possible qu'une petite digue située sur un étang ait lâché", a ajouté le coordinateur du centre régional de crise.

Selon ce dernier, le ruisseau "L'homme sauvage" est classé au niveau 3, ce qui signifie qu'il est géré par la commune.

Un expert en cours d'eau de la Région wallonne a été mis à la disposition des autorités communales. Le ministre-président wallon, Paul Magnette (PS), ainsi que le gouverneur de la province de Liège, Hervé Jamar (MR), sont tenus au courant de l'évolution de la situation.

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