Important subside pour éclairer les terrains de football pour le secours héliporté

L'hélicoptère de Bra, en intervention à Houffalize
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L'hélicoptère de Bra, en intervention à Houffalize - © Centre médical héliporté de Bra-sur-Lienne

130.000 euros, c'est le subside que vient de recevoir le Centre médical héliporté de Bra-sur-Lienne (Lierneux) de la part du ministre de la Ruralité René Collin. Ce subside va lui permettre d'équiper cinquante terrains de football des provinces de Liège, du Luxembourg et de Namur du système lui permettant d'allumer lui-même ces terrains pour un atterrissage nocturne.

En 2017, l'hélicoptère médicalisé de Bra a effectué 1332 missions. Trente pourcents l'ont été de nuit. D'où le caractère indispensable de disposer d'aires d'atterrissage éclairées. Depuis 2009, il a donc commencé à équiper des terrains de football.

"Depuis 2009, nous équipons des terrains de football d’une technologie qui permet à l'équipage de l'hélicoptère, la nuit, d'allumer un terrain de football qui permet à l'hélicoptère, la nuit, de se poser en toute sécurité et évidemment toujours dans l’espoir de se poser le plus proche possible de la victime", confirme Philippe Miermans, administrateur-délégué du centre médical héliporté.

Un équipement essentiel

Cet équipement est d'autant plus indispensable que les règles fixées par l'administration de l'aéronautique sont strictes : "Les missions héliportées de nuit présentent évidemment des risques et l’administration de l’aéronautique nous impose de nous poser dans des zones d’au moins 30 m², qui sont éclairées. Donc les terrains de football sont certainement les structures les plus adaptées. Il restait à avoir la technologie pour les allumer au départ de l’hélicoptère et non pas après une recherche parfois difficile de la personne capable de les allumer manuellement. C’est fait", ajoute-t-il.

Le subside devrait aussi susciter des initiatives communales ou citoyennes afin de financer l'équipement d'autres terrains. L'espoir est d'arriver à 200 dans les deux ans. Et dans le même temps, la Province de Liège a décidé d'octroyer 2000 euros de subside par terrain supplémentaire équipés par des communes. L'équipement d'un terrain coûte 2500 euros.

Interdiction d’atterrir

Ce subside est donc une bonne nouvelle pour un centre qui se heurte toutefois à une difficulté nouvelle. L'administration de l'Aéronautique lui interdit désormais de se poser à proximité de certains hôpitaux où il pouvait auparavant atterrir.

Avec l’Europe dans le dos, la Belgique durcit l’application de ses règles et ne nous permet plus aujourd’hui de nous poser si l’hôpital soit ne dispose pas d’un héliport agréé, soit de ce que qu’on appelle encore un site d’intérêt public. Mais pour tous les sites où l’hélicoptère se pose dans les hôpitaux, qui ont été conçus ou aménagés après 2002 et qui ne sont pas aux normes, nous avons maintenant une interdiction formelle de l’administration de l’aéronautique d’aller nous y poser pour déposer un patient. En province de Liège, nous ne pouvons plus nous poser aux hôpitaux de Saint-Vith, de Malmedy ou d’Eupen. Il ne nous reste finalement plus que le CHU de Liège, le CHR de la Citadelle et, pour le moment encore, la clinique de l’Espérance à Montegnée (urgences pédiatriques) ", détaille Philippe Miermans.

Le centre incite donc vivement les hôpitaux ne disposant pas d'une aire agréée à s'équiper en la matière.

Le ministre tacle le Fédéral

Le centre médical héliporté existe depuis 20 ans. Il a depuis longtemps démontré son efficacité. René Collin en a donc profité pour tacler le Service public fédéral Santé publique sur le fait que ce centre ne soit toujours pas reconnu.

Ça reste aberrant d’avoir un service qui existe depuis plus de 20 ans, qui a fait ses preuves, qui est remarquable dans son efficacité, et qui est toujours considéré comme expérimental par le ministère de la Santé publique, au niveau belge, alors qu’il faudrait un cadre légal pour assurer son financement pérenne et durable. C’est limite injurieux pour la qualité du service qui est presté ici et pour toutes celles et tous ceux qui bénéficient et ont le droit de bénéficier, quel que soit l’endroit où ils vivent, du même service d’aide médicale urgente ", souligne René Collin. Et celui-ci d’y voir aussi un contexte communautaire : " Je suis persuadé que si on avait ce service, avec son efficacité, qui prestait en Flandre, il y a longtemps que le problème aurait été réglé. Et donc ça veut dire aussi que les Francophones au gouvernement fédéral doivent se mobiliser davantage et forcer une décision. La reconnaissance du service ne grèverait certainement pas de manière importante le budget fédéral ".

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