Il y a un an, l'attaque terroriste de Liège faisait 3 morts

29 mai 2018, 10h34. L’alerte est donnée. Deux policières et le passager d’une voiture viennent d’être tués. Le meurtrier s’est réfugié à l’Athénée de Waha boulevard d’Avroy au cœur de Liège. Il a une otage. Moins d’une demi-heure plus tard, le tueur est abattu par le peloton anti-banditisme. Son nom : Benjamin Herman.

Lucile Garcia et Soraya Belkacemi

C’était un matin comme un autre pour Lucile Garcia, 53 ans et Soraya Belkacemi, 45 ans. Les deux policières travaillent en binôme depuis quelque temps. Elles patrouillent dans le quartier Augustins-Avroy. Elles verbalisent les automobilistes en infraction. Elles croisent Herman sans s’en rendre compte. Elles poursuivent leur chemin sans se douter qu’elles viennent de croiser la mort.

Le tueur, vêtu de noir, repère les policières. Il fait demi-tour et les suit. A l’angle du boulevard et de la rue des Augustins, devant le café du même nom, il les surprend, les attaque de dos à l’arme blanche. D’abord Lucile Garcia puis Soraya Belkacemi qui n’a pas le temps de réagir. Elles sont sauvagement poignardées. Leur gilet pare-balles n’aura été d’aucun secours. Elles décèdent sur place. Leur assassin s’empare de leur arme de service. Chacune est chargée de 17 cartouches.

Cyril Vangriecken

Cyril Vangriecken n’avait que 22 ans. Il terminait ses études supérieures pour devenir instituteur. Ce mardi-là, le jeune homme doit rendre son travail de fin d’études à la Haute école de la ville de Liège. C’est sa maman qui le conduit. Sur le boulevard d’Avroy, Herman vient de tuer les policières, il a leurs armes chargées à la main. Au feu rouge, Cyril est là dans la voiture de sa maman. Pas le temps de s’enfuir. Herman n’hésite pas. Il l’abat froidement de plusieurs balles. Le jeune homme meurt dans les bras de sa maman qui parvient, elle, à éviter le même sort.

Tout s’est passé très vite. L’alerte a été donnée. Les forces de l’ordre ne vont pas tarder à arriver. Herman le sait. Il voit d’ailleurs le premier policier. Il se réfugie dans le hall d’accueil de l’Athénée de Waha.

Prise d’otage

Darifa Imaankaf est femme d’ouvrage. Elle travaille à l’Athénée de Waha. Dans le hall de l’établissement scolaire, elle est seule à ce moment-là. Elle se retrouve nez à nez avec le tueur et ses deux armes braquées sur elle. Darifa garde son sang-froid. Sa première préoccupation est d’éviter que Herman ne pénètre dans l’école pour y faire un carnage. Elle entame le dialogue, tente de le calmer. Grâce à elle, l’homme n’ira pas plus loin dans l’école. Il lui demande si elle est musulmane, si elle est pratiquante. Il lui dit alors qu’il ne lui fera pas de mal et désigne sa cible : les policiers à l’extérieur.

Quelques minutes plus tard, le peloton anti-banditisme est en place. Herman lance sa carte d’identité, invoque Allah puis sort armes au poing en tirant « dans le tas ». Des policiers sont blessés. Herman est abattu.

Attentat terroriste

Benjamin Herman, 36 ans, était originaire de Rochefort. Il était connu de la justice pour de nombreux délits et faits de violence de droit commun. Il avait séjourné à plusieurs reprises en prison. Il en était d’ailleurs à son 14e congé pénitentiaire. Sorti de la prison de Marche la veille, il avait déjà fait, le soir même, une autre victime : Michael Wilmet, un ancien codétenu, tué à On (Marche). Herman avait ensuite attendu le matin pour prendre le train et venir à Liège poursuivre son périple mortel. On apprendra très vite qu’il qu’il côtoyait des détenus radicalisés, que l’information avait bien été transmise. L’attaque de Liège a très vite été qualifiée de terroriste. Le groupe terroriste Etat Islamique n’a d’ailleurs pas manqué de la revendiquer.

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