Il y a un an, l'attaque de Liège: l'inspecteur principal Imperatore témoigne

Le 29 mai 2018, l’inspecteur principal Mike Imperatore est de service. Il est en « stand by » place Saint-Lambert. Il discute avec des collègues à vélo et renseigne des étudiants qui font un rallye touristique dans la ville. Soudain, sa radio crépite, c’est un flash, une alerte prioritaire : il est 10h34 exactement. « On signale deux collègues au sol devant le café des Augustins. Je ne pars pas sur un décès de collègues, loin de là. J’imagine plutôt une situation de rébellion. Je remonte dans le véhicule, je prends la bande des bus et je fonce », explique-t-il.

Etre les yeux de ses collègues

L’inspecteur principal est concentré sur son objectif, il n’entend pas d’autres informations. Il roule à toute vitesse. Au carrefour Pont d’Avroy, il voit un mouvement de foule inhabituel. Des personnes courent dans tous les sens, elles viennent du boulevard. Il ne fait pas le lien. Près de la rue Darchis, il stoppe son véhicule sans trop savoir pourquoi. Il aperçoit au loin une camionnette abandonnée par son conducteur. Il continue à pied. Il court. Près de l’Athénée de Waha, il aperçoit le tueur armes aux mains. L’inspecteur principal est le premier policier sur place. Il s’abrite derrière la camionnette. Il tente le dialogue, fait les injonctions d’usage. Sans résultat.

« A plusieurs reprises l’individu armé lève les bras puis les abaisse en me pointant. Il est maintenant dans le hall de l’école, il a une otage. Je le fixe, je ne le quitte pas des yeux. Il faut éviter qu’il ne pénètre plus avant dans l’école », explique l’inspecteur principal. Le peloton anti-banditisme, prend position, progresse, guidé par les yeux de l’inspecteur Imperatore qui, lui, fait face au meurtrier. Quelques minutes plus tard, tout est terminé. Ce n’est qu’à ce moment-là que l’inspecteur principal découvre l’ampleur du drame : le corps du jeune Cyril dans la voiture, ceux de ses deux collègues un peu plus loin.

Ne jamais oublier

Depuis ce 29 mai 2018, le comportement, la façon de travailler des policiers a changé à Liège. C’est toute une zone de police qui a été endeuillée. « Je fais plus attention, je visualise plus autour de moi. Oui, ça a changé notre comportement », explique-t-il. Un an après, l’émotion est toujours bien présente aussi : « Chaque fois qu’on passe sur le boulevard à hauteur des Augustins, on pense au jeune Cyril, aux collègues décédées… Difficile de ne pas tourner la tête… On ne peut pas faire comme si de rien n’était ».

 

 

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