Pas de plans d'évacuation en cas de rupture des barrages

"Si le barrage d'Eupen lâche, en trois minutes, le bas de la ville sera noyé sous vingt mètres d'eau." Si le barrage de la Gileppe casse sans prévenir, on n'évacuera ni Dolhain, ni Verviers : les plans n'existent pas. C'est un fameux rocher que le professeur Damien Ernst vient de lancer dans le lac : "Les barrages sont un danger potentiel"  explique-t-il.

"Les barrages hydroélectriques, ça casse ou ça déborde" poursuit Damien Ernst. 2000 morts en Inde en 1979. 1900 en Italie en 1963. 423 tués à Fréjus en 1959. Et des barrages, il y en a cinq en Province de Liège. "On parle souvent de plans d'évacuation lorsqu'on a des problèmes dans une centrale nucléaire, mais en termes de danger, en termes de morts immédiats, le vrai risque vient de ces barrages-là. Et aucun plan d'évacuation n'a été fait", martèle le scientifique. 

La gestion du risque à l'étude

Selon les informations obtenues par la RTBF, ce que dénonce Damien Ernst est vrai. L'évacuation des populations en aval des barrages n'a pas été planifiée. Des scénarios d'urgence, il y en a trois : vigilance renforcée, préoccupation sérieuse et risque grave et imminent. Dans ce dernier cas, on vide le barrage d'urgence. Ca peut inonder localement, mais on a le temps de prévenir la population.

Par contre, la rupture soudaine n'est pas envisagée... parce qu'elle est rare et que l'eau ne laisse pas le temps de prévenir ni d'évacuer. Les exploitants des barrages doivent planifier leur vigilance. "On attend les plans internes" explique Catherine Delcourt, la commissaire d'arrondissement. "Là, on en a deux qui sont finis, trois qui sont en voie de finalisation et puis on va analyser la question. Et si la réponse est : c'est suffisamment interpellant, préoccupant pour qu'on prépare un plan d'évacuation, eh bien, on le fera !" 

Sans plan d'évacuation spécial barrages, ce sont les plans généraux d'urgence qui s'appliquent.


 

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