Huberte Hanquet, la "mère" de l'office des créances alimentaires, est décédée

Huberte Hanquet, à l'époque de son entrée au Sénat
Huberte Hanquet, à l'époque de son entrée au Sénat - © Sonuma

C'est une hyper-centriste qui vient de disparaître. A l'époque où le parti social chrétien est divisé, déchiré, entre une aile droite et une aile progressiste, elle est "sans famille", dans la recherche permanente de l'équilibre entre les tendances. Elle a commencé sa carrière à la commission d'assistance publique de Liège, après des études en sciences religieuses, politiques et sociales. Mais son parcours a largement débordé la sphère locale: elle a été experte pour les Nations-Unies, notamment sur des questions d'égalité des genres. Elle a pratiqué une sorte de féminisme bon chic bon genre. Elle a présidé le conseil national des femmes, et c'est à ce titre qu'elle a pris publiquement position en faveur de la dépénalisation de l'avortement. Elle a cependant voté contre la loi qui a libéralisé l'interruption volontaire de grossesse, lorsqu'elle a été discutée au Sénat, où elle a siégé, élue ou cooptée, à plusieurs reprises.

Et c'est d'ailleurs à la Haute Assemblée que, sensibilisée à la précarité des familles monoparentales, Huberte Hanquet a déposé, au millieu des années '70, un premier projet de texte qui institue un office des créances alimentaires.  Il a fallu une dizaine de sessions parlementaires pour que cette proposition, amendée, débattue, encommissionnée, finisse par aboutir, trente ans plus tard, à un fonds qui garantisse le paiement des pensions octroyées dans les jugements de divorce. Une question sociétale au règlement de laquelle elle a joué un rôle de pionnière.

Archives RTB: interview d'Huberte Hanquet, le 12/03/1974 (Sonuma)

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