Horeca: les restaurateurs rouvriront-ils finalement leurs terrasses avant le 8 mai?

Après de longues discussions, le Comité de concertation du 14 avril dernier a donc décidé que les établissements du secteur Horeca pourront rouvrir leurs terrasses le 8 mai. Pas avant. Si c'est le cas, le ministre de la Santé a prévenu: ils seront privés de leur double-droit passerelle.


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Le 1er mai, on ouvrira, c'est une question de survie!

Alors, y a-t-il de quoi changer la donne et les intentions? Nous nous sommes rendus en région liégeoise, où Joseph Di Miceli possède trois restaurants italiens et emploie 25 personnes. Au mois de juin, l'an dernier, il a ouvert celui de Saint-Georges-sur-Meuse. Quatre mois plus tard, à cause du confinement, il a dû le fermer. Le 1er mai prochain, il ouvrira sa terrasse, coûte que coûte: "C'est fini, on ne croit plus au Père Noël" explique-t-il. "Le 1er mai, on a décidé d'ouvrir, pas parce qu'on est des sauvages, mais parce qu'on ne saurait plus. C'est une question de survie!"

Malgré une compensation financière des pouvoirs publics, la famille Di Miceli ne s'en sort plus financièrement. Chaque mois, il faut payer les frais fixes. Joseph Di Miceli: "Pour les trois établissements, je dois débourser à peu près 30.000 euros par moi. Et j'ai 2500 euros, et mon épouse aussi. On les met dans la société, et les 20.000 autres, on les travaille à l'emporter, on essaye de faire des petits plats. Il y a des semaines où les gens adhèrent, il y a des semaines où les gens en ont marre".

Je dois réfléchir, ça représente beaucoup d'argent

Dans le centre de Liège, Jonathan Servais souhaite aussi servir ses clients en terrasse le 1er mai, mais depuis les déclarations de Franck Vandenbroucke, il réfléchit: "Hier, j'étais à 100% pour l'ouverture le 1er mai. Mais si on m'enlève le droit passerelle, je dois réfléchir parce que je ne suis pas dans la mesure aujourd'hui de perdre de l'argent supplémentaire. Et je peux perdre énormément d'argent. Si je fais le calcul, ça risque de représenter beaucoup d'argent, de l'argent que je dois normalement mettre dans mon entreprise pour la survie de mon entreprise. Ça représente plusieurs milliers d'euros".

Si j'ouvre le 1er mai, je perds 3950 euros. Je ne peux pas me le permettre

Dans un autre coin de Liège, Nadine Skubis, restauratrice, a tranché. Sa terrasse ne sera pas accessible le jour de la fête du travail: "On est très déçu parce qu'on voulait tout faire pour ouvrir le 1er mai. En étant seule avec mon commerce, je ne peux pas. Cela fait treize mois que je rame pour essayer de tenir le bateau à flots. Si j'ouvre le 1er mai, je perds mon droit passerelle de 3200 euros, et j'ai une amende de 750 euros. Je perds donc 3950 euros, et je ne suis pas en mesure de pouvoir me permettre ça".

Le Codeco prévu ce vendredi va-t-il confirmer ou non les sanctions financières annoncées par le ministre Vandenbroucke? Les restaurateurs liégeois se posent la question. Parallèlement, ils préparent une contre-attaque vigoureuse.

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