Herbesthal: une sculpture à la mémoire de l'exode des enfants juifs en 1939

Ce samedi, c'était la journée internationale à la mémoire des victimes de l'Holocauste. C'est précisément la date choisie par les autorités communales de Lontzen pour inaugurer un monument symbolisant l'exode des enfants juifs en 1939.

C'est une page d'histoire peu connue mais ces enfants ont fui le nazisme en train via la Belgique et la gare d'Herbesthal sur la commune de Lontzen. Aujourd'hui, il n'y a plus de gare à Herbesthal mais à l'époque, c'était la première gare belge après la frontière du Reich.

Arraché à sa mère à 6 ans

Herbesthal, un nom à jamais gravé dans la mémoire d' Henri Roanne Rosenblatt: "J'avais 6 ans. Je suis arrivé ici le 7 mars 1939. je suis arrivé de Vienne. J'étais donc parmi ces enfants qui, suite à la nuit de cristal, ont pu être évacués. On était 123 dans ce train".

La nuit de cristal , c'est cette nuit du 9 novembre 1938 où Hitler ordonna la destruction des lieux juifs un peu partout dans le Reich . Synagogues, commerces, entreprises furent brûlés. De nombreux Juifs furent arrêtés ou tués avant même le début de la Shoah.

Refoulés puis accueillis grâce à la pression populaire

Certains enfants ont eu un peu de chance. Ils ont pu quitter le Reich. Dix mille enfants ont été évacués principalement vers l'Angleterre en passant par la Belgique et par le par la gare d'Herbesthal. Certains de ces enfants sont aussi restés en Belgique. C'est le cas d'Henri : "Les Belges ont été réticents au départ puisque les premiers trains ont été refoulés. Il a fallu vraiment l'indignation de la population et des articles dans la presse pour que le gouvernement revienne sur sa décision et accueille finalement 750 enfants. Certains ont été rattrapés par les nazis au déclenchement de la guerre. Moi, j'ai été caché à Bruxelles."

Cette sculpture de Sébastian Schmidt, cette commémoration, c'est important pour que el message passe aux plus jeunes car Henri Roanne Rosenblatt ne peut s'empêcher de faire le parallèle avec la situation actuelle : "aujourd'hui encore on a de nombreux cas de gens qui sont forcés de fuir à qui on oppose encore des règlements administratifs ou des phrases comme on ne peut pas accueillir toute la misère du monde... C'est assez cynique comme discours. Heureusement, aujourd'hui aussi, il y a de la solidarité dans la population comme celle dont j'ai bénéficié à l'époque quand la Belgique m'a accueilli".

 

 

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