Hautes écoles et universités: la loterie pour les étudiants étrangers

Hautes écoles et universités : la loterie pour étudiants étrangers.
Hautes écoles et universités : la loterie pour étudiants étrangers. - © SOPHIE KIP - BELGA

C’est la période des inscriptions universitaires. Un moment stressant pour les étudiants étrangers, pour la plupart français, qui désirent intégrer l’université de Liège. Les places peuvent y être chères. C’est notamment le cas en kinésithérapie. Cette année, seulement un étudiant étranger sur quatre intégrera la filière après le fameux tirage au sort.

“C’est la troisième année consécutive que je dépose un dossier en Belgique pour intégrer la section de kinésithérapie. A chaque fois le tirage au sort m’a éliminé. J’espère vraiment que ce sera la bonne” raconte Unai, 23 ans, originaire de Biarritz dans le sud-ouest de la France. Déjà titulaire de l’équivalent d’un bachelier en éducation physique, le jeune homme n’a pas été admis dans les universités françaises. “J’ai voulu passer la passerelle qui existe mais cela n’a pas fonctionné” regrette-t-il.

Comme Unai, un grand nombre d’étudiants étrangers, principalement français, viennent en Belgique pour apprendre la kinésithérapie. En général, ces étudiants ont échoué en France, où un système très sélectif les pousse à aller voir ailleurs. “J’ai choisi Liège parce que la première photo que j’ai vue sur internet m’a donné envie de venir.” plaisante Robin, originaire de Montauban. “En réalité, c’est aussi parce que j’ai échoué en première année de médecine en France. Alors, je tente ma chance en Belgique, en espérant avoir de la chance au tirage au sort” poursuit-il.

Un nombre de places limité

Cette semaine, les candidats avaient trois jours pour déposer leur dossier en main propre. “Au total, quelque 200 jeunes gens se sont succédé dans la salle des inscriptions” avance Laurence Degeimbre, responsable du service des inscriptions de l’université de Liège. “A chaque rentrée, un quota est établi. Il correspond à 30% des nouveaux inscrits de l’année précédente. Pour la promotion 2019-2020, 62 étudiants non-résidents seront admis” explique-t-elle.

Ainsi, les 209 dossiers vont être tirés au sort et les résultats seront annoncés le 3 septembre. Les 62 premiers seront les heureux élus. Ceux qui suivent constituent l’ordre utile. Pour Louise, ce système n’est pas très cohérent : “Certes cela permet de donner une chance à tout le monde, mais en même temps, se dire que des dossiers moins bons peuvent passer, c’est un peu rude”.

Un décret de 2006

Cette régulation stricte du nombre d’étudiants étrangers a été instaurée il y a 13 ans pour garantir un enseignement adéquat. “Les dernières années avant 2006, les auditoires étaient majoritairement composés d’étudiants français et leur nombre n’en finissait pas d’augmenter. Cela portait préjudice à la qualité des cours pratiques dispensés” se souvient Marc Vanderthommen, professeur de kinésithérapie à l’ULiège.

De plus le décret a permis d’éviter une potentielle pénurie de kinésithérapeutes en Belgique. “Les étudiants français repartaient généralement exercer en France. Ils étaient donc formés aux frais du contribuable belge. Aujourd’hui nous sommes revenus à des proportions tout à fait convenables, avec 30% d’étudiants étrangers chaque année” constate Marc Vanderthommen. En cinq ans, le nombre d’étudiants belges a doublé dans la filière de kinésithérapie.

 

 

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