Hannut: plus d'un million d'oeufs à détruire

Hannut: plus d'un million d'oeufs à détruire
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Hannut: plus d'un million d'oeufs à détruire - © RTBF (M. Mélon)

A Hannut, le poulailler d'un éleveur de poules pondeuses est bloqué par l'Agence Fédérale pour la Sécurité de la Chaîne Alimentaire. Les oeufs doivent être détruits et les animaux nourris tous les jours. La perte est sèche et les frais financiers sont nombreux. Nous avons rencontré cet éleveur désemparé, en plein détresse.

54.000 oeufs par jour

Les signes de fatigue sont perceptibles sur le visage de Norbert Vromant, exploitant agricole à Hannut. En 2004, il a diversifié ses activités en construisant un poulailler géant. Aujourd'hui, plusieurs dizaines de milliers de poules pondeuses se trouvent à l'intérieur de ses installations qui sont bloquées par l'Afsca. "Actuellement, il reste 60.097 poules dans le poulailler.  On est bloqué depuis le 26 juillet.  Aucun oeuf ne sort de l'exploitation.  Pour le moment, on est à peu près à 90% de ponte, ce qui correspond environ à 54.000 oeufs par jour", explique Norbert Vromant.
 

La perte financière sera importante

Dans cette ferme située en Hesbaye, il y a des oeufs dans tous les coins. Il faudra les détruire et surtout mettre la main au portefeuille. "Depuis le 26 juillet, il y a 600.000 oeufs à l'extérieur du bâtiment et à peu près 500.000 à l'intérieur.  Ces oeufs vont être détruits. Cela va occasionner des frais supplémentaires, il y a le transport, la destruction, on a déjà dû payer 5.000 euros pour commander le camion et ça coûte à peu près 187 euros par palette et il y a 10.000 oeufs dans une palette", explique Norbert Vromant. Cet éleveur n'a pas fini de faire ses comptes. Il doit aussi payer son fournisseur d'aliments: "Une poule mange à peu près 120 grammes par jour, vous multipliez cela par 60.000 poules, cela fait à peu près sept tonnes, sept tonnes et demi par jour. Avec un coût de 270 euros la tonne, nous arrivons à peu près à 2.000 euros par jour en ce moment".

Le moral dans les talons

Physiquement, psychologiquement, Norbert Vromant ne va pas bien. Il se fait aider par le médecin de famille. "Travailler pour que votre travail soit jeté, ça commence à devenir très lourd. Je suis allé trouver le médecin pour essayer de trouver une solution pour tenir le coup, je suis aidé avec des médicaments", confie-t-il.

Norbert Vromant se pose un tas de questions. Il est pendu au téléphone. Jusqu'à quand son poulailler est-il bloqué ? Et quel sera le montant de tous ses frais liés à cette crise ? A ces deux questions, le producteur avicole est incapable de répondre.

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