Grève chez Shur-Lok à Petit-Rechain : "Ils se moquent des travailleurs"

Les ouvriers et une partie des employés de Shur-Lok International, entreprise spécialisée dans la fabrication de fixations métalliques pour l’aéronautique et installée à Petit-Rechain, sont en grève ce mercredi jusque vendredi. Les syndicats se disent indignés par les propositions de la direction dans le cadre d'une procédure Renault. "Shur-Lok International se moque de ses travailleurs !", s’insurge le front commun syndical FGTB-CSC dans un communiqué de presse.

Cette colère fait suite à des négociations dans le cadre d’un plan de licenciement. Pour les syndicats, l’entreprise veut mettre des gens à la porte "sans trop délier les cordons de la bourse", "alors qu’elle se porte bien et fait de plantureux bénéfices".

Shur-Lok International affiche des résultats positifs depuis plusieurs années, y compris en 2020, dénoncent-ils. À la mi-septembre, l’entreprise a toutefois annoncé son intention de licencier 33 personnes sur 93.


►►► À lire aussi Aéronautique et Covid: 33 pertes d'emplois chez Shur-Lok à Verviers


"Malgré de longues et nombreuses négociations, la direction refuse d’indemniser correctement les travailleurs dont elle souhaite se séparer", continuent la FGTB et la CSC. "Des travailleurs qui, faut-il quand même le rappeler, lui ont permis de maintenir les voyants au vert même au plus fort de la crise sanitaire. Pourtant ce qu’elle met actuellement sur la table est inférieur à ce qu’ont proposé certaines entreprises au bord de la faillite."

"L'employeur propose des montants qui sont à nos yeux tout à fait scandaleux" s'indigne René Petit, permanent CSC. "L'entreprise n'est pas du tout dans une situation inquiétante. Nous ne comprenons pas." Le délégué CSC Laurent Istace n'admet pas non plus la dureté des propositions financières : "c'est trop peu pour les gens qui devront partir au chômage. Parmi eux, des gens d'un certain âge ne retrouveront peut-être jamais de travail et avec ça, ils ne pourront tenir que deux mois !"

Le permanent FGTB Stéphane Breda connaît les prévisions de croissance à 5,5 % de la banque nationale. Il explique que Shur Lok rame à contrecourant et qu'elle a tort de vouloir licencier : "tous les feux sont au vert en macroéconomie. C'est vrai que le secteur de l'aéronautique va prendre plus de temps. Le chômage économique pourrait permettre d'amortir, mais ils n'en veulent pas. Et en plus, ce qu'ils proposent aux travailleurs est indécent." 

"La somme proposée est indigne" confirme le délégué FGTB Carlos Pelaez qui assure ne pas pouvoir soumettre un tel montant au personnel qui serait licencié.  

Des montants tout à fait scandaleux. Avec ça, les gens ne tiendront pas deux mois.

 

Un bureau de conciliation a eu lieu le 16 juin pour tenter de débloquer la situation, en vain. Les travailleurs avaient alors décidé d’observer, dès le lendemain, trois heures d’arrêt de travail chaque jour. "La réponse de Shur-Lok ? Le non-paiement des heures prestées ces jours-là !", dénoncent les syndicats. Une annonce qui a attisé la colère du personnel, en arrêt complet depuis mardi.

Au fil des négociations, les organisations syndicales, en front commun, expliquent avoir démontré qu’une série de chiffres présentés par la direction étaient erronés. Le nombre de licenciements annoncés avait ainsi pu être réduit de moitié, de 33 à 15 emplois.

 

Newsletter info

Recevez chaque matin l’essentiel de l'actualité.

OK