Grand Curtius, exposition "Life": des photos valent mieux que des discours

Des photos de Nour Kelze, récompensée au “Courage Journalisme Awards 2013” de la Fondation Internationale des Femmes Médias
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Des photos de Nour Kelze, récompensée au “Courage Journalisme Awards 2013” de la Fondation Internationale des Femmes Médias - © Quentin Bolland

Des photographies mêlant sourires et chaos sont exposées actuellement au Musée Grand Curtius de Liège. Elles ont été prises dans des zones de conflits. L’exposition “Life” est le fruit d’une association du travail de Corentin Laurent, et du projet de 5 photographes syriens, Life in Syria. 

La vie qui résiste, qui persiste et continue malgré les conflits. Ce sont les points communs entre les deux parties de l’exposition. Que ce soit en territoires disputés avec Corentin Laurent ou en territoires en guerre avec Life in Syria. Ils mettent tous deux en-avant les communautés civiles qui œuvrent au vivre ensemble.  

Pour la première partie, Life in Syria, s’arrête à Liège après avoir été présentée à Rome et à Milan. Cette exposition est née d’un livre et est présente à travers 27 photographies de 5 photographes syriens. Ce travail a pour volonté d’exposer la réalité des Syriens qui vivent dans des conditions difficiles et dans des villes détruites, telle que Alep. On peut observer des photos de Nour Kelze, récompensée au “Courage Journalisme Awards 2013” de la Fondation Internationale des Femmes Médias. 

Corentin Laurent : photographe au hasard d’une rencontre

La seconde partie de l’exposition repose sur le travail de Corentin Laurent. Pas journaliste et plutôt humanitaire dans l’âme. La photographie est un peu arrivée au hasard dans sa vie : “Je suis parti à Jérusalem avec un petit compact, j’ai pris une photo d’un bouc sur une montagne. Le hasard a fait qu’une semaine plus tard, il y avait un concours dans l’association. J'ai fait 80 votes et je me suis dit que ça pouvait être l’occasion d’avoir un meilleur appareil photo. Ensuite une rencontre et c’est le déclic : En septembre 2014, j’ai rencontré un Palestinien, dans les rues de Naplouse, qui m’a demandé de le prendre en photo lui et sa famille. Il a regardé la photo et m’a dit: ‘maintenant montre là au monde et dit leurs qu’on n'est pas des terroristes’’. 

Le travail du photographe liégeois consiste à mettre en avant l’homme, la femme et l’enfant en dehors de toute considération politique. Les photos qui l’exposent sont le résultat de ses nombreux voyages dans des territoires jugés souvent complexes. Notamment Israël, la Palestine, l’Arménie, le Kosovo et l'Ethiopie 

Le choix du noir et blanc

Un choix artistique, exposer ses photos en noir et blanc. Le Liégeois l’explique :  Le noir et blanc met une temporalité un peu floue. Plusieurs fois dans les photos, on a l’impression que ce sont des photos d’un autre siècle. Ensuite, ça me permettait de renforcer la situation entre le bien et le mal. Les tensions étaient permanentes. A chaque fois qu’on voyait quelque chose de beau à Jérusalem, il y avait toujours quelque chose qui nous rappelait le conflit. Je suis resté un an et demi là-bas, j’étais soulagé de repartir, même si je ne demande aussi qu’à y retourner. 

Les ruines en arrière-plan, les photos révèlent le caractère multiple des conditions humaines. Entre l’insouciance qui ne tient plus qu’à un fil et le regard d’un homme dont l’âme semble s’être envolée. Vous ne ressortirez pas de cette exposition sans être touché.  

Ces photographies sont accessibles jusqu’au 21 avril au musée Grand Curtius, rue Féronstrée, 136 à Liège. 

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