Geer: Biogaz transforme des poires comestibles en gaz et électricité

Se chauffer ou s'éclairer avec des poires, vous ne rêvez pas, c'est possible. Chez Biogaz, en Hesbaye, on transforme des tonnes de poires en énergie verte. Une matière première quasi gratuite tant la surproduction de poires est importante en Europe.

Un demi camion pour un an d'électricité

Biogaz est une petite entreprise de 5 personnes. Créée en 2012, elle fait de la biométhanisation à Geer en Hesbaye. D' habitude, elle transforme les pelures d'oignons, les résidus de pommes de terre ou les tontes de pelouse en énergie verte. Depuis quelques années, les poires servent aussi de matière première. "La poire est une matière organique. Comme les autres, elle a ce pouvoir de pouvoir être dégradée par les bactéries et de produire du biogaz qui est utilisé dans des moteurs pour produire de l'électricité. On fabrique aussi de la chaleur qui nous permet de sécher des copeaux de bois et d'en faire des briquettes de bois comprimés et comme rien ne se perd, une fois que la matière a donné tout son potentiel de biogaz, elle ressort sous forme de digestat qui sert d'engrais pour l'agriculture", explique Adrien Stévart, responsable opérationnel chez Biogaz.

Ces poires, on lui en amène en quantités exceptionnelles cette année : "jusqu'à 3 camions par jour or avec un demi semi-remorque j'ai assez pour produire de l'électricité par exemple pour un ménage".

La désolation des fruiticulteurs

L'embargo russe de 2014, les subsides européens pour les installations en Pologne ou en Roumanie ont conduit à une surproduction importante en Europe. A cela, s'est ajoutée la sécheresse l'année dernière. Les poires ont mûri trop vite et une fois sorties des frigos , elles ne se conservent pratiquement plus. Elles sont devenues invendables. Pour les fruiticulteurs, la situation est intenable.

"On est catastrophé quand on voit ces tonnes de poires rachetées ici pour 2 à 3 centimes le kilo. C'est mieux que de jeter car on a des producteurs qui jettent leurs poires dans leurs bois, sur les champs. Certains doivent même payer pour les faire détruire. On perd jusqu'à 10 000 euros par hectare! C'est intenable", explique Serge Fallon, producteur et président de la fédération horticole wallonne."

Sans indemnisation européenne, la fédération horticole wallonne estime que l'année prochaine, si rien ne change, on perdra 30% des producteurs.

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