Galler pousse ses travailleurs à renoncer à leur prime de fin d’année, accuse la FGTB

L’entreprise de chocolaterie Galler, basée à Vaux-sous-Chèvremont, près de Liège, ferait pression sur ses travailleurs afin qu’ils signent individuellement une convention pour renoncer à leur prime de fin d’année, accuse la FGTB Horval. "Inadmissible", alors qu’il s’agit d’une obligation figurant dans la convention sectorielle, fustige le syndicat socialiste. Selon lui, la société a invité ses salariés à se montrer solidai res pour compenser les pertes qu’elle a subies à cause de la crise du coronavirus.

D’après le syndicat, la chocolaterie, revendue par Jean Galler il y a quelques années, a envoyé un courrier électronique individuel aux travailleurs, "au mépris de toutes les règles de concertation sociale en entreprise". Du chantage émotionnel à l’emploi selon Patrick Rehan, secrétaire régional FGTB Horval. Il explique que "dans le mail, on leur demande d’être solidaires en leur abandonnant leur prime de fin d’année."

C’est du chantage : 'soit vous abandonnez votre prime de fin d’année, soit nous allons devoir licencier 15 personnes'

Un échange a suivi dans lequel la FTGB Horval interpelle la société avec une question : qui pourrait être licencié si le personnel ne renonce pas à sa prime de fin d’année ? "Ce serait les gens qui ne participeraient pas à la solidarité", rapporte Partick Rehan. Il insiste : "C’est du chantage : 'soit vous abandonnez votre prime de fin d’année, soit nous allons devoir licencier 15 personnes'", résume-t-il.

L’indigné reconnaît que la société, à 75% entre les mains d’un actionnaire qatari, rencontre des difficultés financières suite à la crise du coronavirus. Mais "comme toutes les entreprises de l’industrie." "Maintenant, demander à des gens qui ont un salaire de 1500€ d’abandonner leur prime qui peut aller de 1200 à 1500€ ou plus, c’est inacceptable. C’est illégal", s’insurge-t-il.

La direction assure qu’elle a reçu l’approbation de la majorité du personnel

Contactée, Galler dénonce l’attitude "honteuse" du syndicat socialiste. "J’ai d’abord vu les syndicats pour leur parler de cette proposition et ils m’ont laissé faire", pointe d’abord le CEO, Salvatore Iannnello, remarquant que même certains délégués syndicaux avaient voté en faveur de la proposition. Selon un vote réalisé auprès du personnel, 79% des votants la soutiennent, ajoute le patron.

Il rappelle que lors du premier confinement, l’entreprise a pris en charge l’entièreté du salaire de tous les travailleurs, alors que la période de Pâques représente pourtant 15% du chiffre d’affaires annuel, situe le CEO. Ceux qui travaillaient ont en outre touché une prime de 25 euros brut par journée prestée. "Et maintenant, nous avons un 2e confinement qui est arrivé juste avant les fêtes de fin d’année, sachant qu’avec Pâques, cette période représente de 20 à 30% de notre chiffre d’affaires", poursuit-il. Dans la situation actuelle, l’entreprise se retrouverait sans liquidités après la crise, prévient-il.

La direction a dès lors bien proposé aux travailleurs de se montrer solidaires et de renoncer à leur 13e mois. Ses membres en feront de même et réduiront de 10% leur salaire l’an prochain, détaille le patron, affirmant avoir reçu de nombreux messages de soutien. A souligner qu’aucune décision n’a encore été prise.

Jean Galler se relance dans le chocolat, reportage JT du 17 novembre

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