Fronde communale contre le "cours de rien" à Verlaine et ailleurs

Le "cours de rien" provoque l'inquiétude des communes
Le "cours de rien" provoque l'inquiétude des communes - © RTBF

Les communes s'inquiètent du nouveau cours dénommé "encadrement pédagogique alternatif", aussi surnommé le "cours de rien". Il doit être mis en place en janvier prochain, avant une version définitive à partir du mois de septembre 2016, pour les élèves ne voulant suivre ni le cours de religion ni celui de morale. Un cours dont l'organisation est à charge des pouvoirs organisateurs. Or dans l'enseignement communal, cela veut dire que ce sont les communes qui vont devoir payer. Et cela, certaines en tout cas ont déjà fait savoir qu'elles n'en voulaient pas.

Le Conseil de l'Enseignement des Communes et Provinces propose aux communes de voter une motion sur les conséquences de ce "cours de rien". La commune de Verlaine l'a déjà approuvée à l'unanimité.

Parce que pour Patrick Danze, l'échevin de l'enseignement, cette nouvelle organisation pose un triple problème."Il y a un problème financier, organisationnel et un peu social. Ce cours va devoir être donné en même temps que le cours de religion/morale. Et donc automatiquement, il sera donné par une personne qui n’est pas prévue pour l’instant dans le cadre, et ce sera un financement sur fonds propres, donc ça va nous poser un problème dans notre budget. Maintenant, au niveau organisationnel, nous avons réalisé sur fonds propres ces dernières années onze classes. Or ces classes sont complètement utilisées, donc s’il faut trouver un local pour donner ce cours, j’ai un problème de classe. Enfin, il y a une pénalité sociale parce que comme le financement n’est pas le même pour les cours de religion/morale que pour le "cours de rien", il y a une inégalité entre un enfant et un autre".

Des dizaines de milliers d'euros

Verlaine ne compte que 4.000 habitants mais son unique école communale accueille 540 élèves répartis dans 16 classes primaires. A raison de deux périodes par classe, l'organisation de ce cours représenterait plus d'un temps plein. La charge budgétaire se chiffre en dizaines de milliers d'euros. Cela dit, la commune n'est pas contre ce cours, insiste l'échevin, bien au contraire.

Dans le Hainaut, à Estaimpuis, le bourgmestre a déjà fait savoir qu'il refusait de payer ce cours dont le financement devrait, selon lui, être assuré par la Communauté française. Il a calculé que dans sa commune, avec cinq ou six élèves pour ce cours dans chacune des 5 écoles communales, cela représenterait un temps plein supplémentaire.

Intenable en cette période où les communes rencontrent de plus en plus de difficultés à boucler leurs budgets. D'autres communes vont probablement elles aussi approuver la motion. A Verlaine en tout cas, des contacts ont déjà été pris avec les communes voisines.

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