Fronde au MR : Christine Defraigne, qui ne peut être candidate à la présidence du MR, dénonce une "dérive anti-démocratique"

Début de fronde au sein du MR en effet ce matin. Notamment après l’annonce de la candidature de Georges-Louis Bouchez. Celui-ci est le deuxième à officialiser sa participation à l’élection de la présidentielle du MR - après le départ vers l’Europe de Charles Michel, président sortant -, après Denis Ducarme, ministre fédéral.

Or l’annonce des candidatures actuelles ne fait pas que des heureux. Certains déplorent – bruyamment – de ne pouvoir se présenter. C’est le cas de la liégeoise Christine Defraigne, ex-présidente du Sénat, première échevine à Liège.

Christine Defraigne conteste le mode de scrutin, le scrutin par courrier avec notamment une campagne qui se poursuit jusqu’au 12 novembre, alors que le vote a forcément déjà commencé chez beaucoup. Mais surtout elle déplore de voir sa propre candidature jugée "irrecevable" au regard des statuts du MR. Des statuts de 2002 qui précisent (article 12) que pour l’élection du président, "tout membre du Comité général du MR peut faire acte de candidature à la fonction de président. Des candidatures à adresser à la présidence du conseil de conciliation et d’arbitrage […]. Des candidatures examinées par le Conseil du Mouvement réformateur qui statue sur leur recevabilité à la majorité simple". Et dans un autre article (article 9), les mêmes statuts précisent que le Comité général du MR est composé : "du président du Mouvement réformateur (soit pour le moment Charles Michel), du/de la Chef de file gouvernemental (Didier Reynders pour le moment, sans doute ensuite Sophie Wilmès), des membres du Comité permanent du PRL (notamment députés, sénateurs), du Comité du PFF et du Parlement du MCC, des représentants des adhérents directs […]".

Du "bidouillage" dans un parti qui se veut démocratique

Christine Defraigne – qui a adressé des courriers au président du parti Charles Michel, mais aussi à Richard Miller, Président de la Commission Electorale, François-Xavier De Donnea, du Conseil de Conciliation du MR, ainsi qu’à une septantaine de membres -, émet dès lors "les plus expresses réserves sur la procédure électorale interne au MR".

Elle déplore que sa "possible" candidature soit déclarée irrecevable "au motif que je ne ferais pas partie du Comité général". Christine Defraigne considère que le PRL n’a plus de membre direct, président élu, de Comité permanent, de représentants d’adhérents depuis des années… Elle refuse donc ce critère pour voir sa candidature déclarée non valable… alors qu’elle est "militante depuis 1984, Présidente du Sénat honoraire, Députée honoraire, Sénatrice honoraire, et 1ère échevine de la première ville wallonne (j’ai ramené le MR pour Liège au pouvoir après 36 ans d’opposition)". 

Elle se réserve dès lors "toute initiative juridique afin de faire invalider un tel procédé indigne des valeurs que nous portons. Je ne manquerai pas de combattre également politiquement de toutes mes forces cette discrimination […]. Je défendrai les intérêts supérieurs de la démocratie qui ne saurait s’accommoder de pareil 'bidouillage' dans un parti qui se veut démocratique". 

Christine Defraigne pointe aussi le fait que le Conseil du MR soit chargé de valider les candidatures : "Le candidat devrait, quod non, être issu du même Comité que celui qui décide ensuite de la validité des candidatures. Ce fonctionnement en vase clos n’est pas acceptable juridiquement et politiquement. C’est le Conseil du MR ou c’est le Politburo ?".

 

Le courrier adressé à Charles Michel et Richard Miller

Le courrier adressé à François-Xavier De Donnea

Réaction du MR

Du côté du MR, on se contente pour l’heure de rappeler les règles, les statuts forcément, et de donner le détail de la composition du Comité général, jugé problématique par Christine Defraigne : "Le Comité Général est composé du président, des vice-présidents, des anciens présidents, du secrétaire général, du secrétaire général adjoint, des membres du Conseil de Conciliation et d’Arbitrage, des parlementaires fédéraux, sénateurs, parlementaires régionaux, ainsi que leur premier suppléant, des députés européens, des députés provinciaux, des chefs de groupe aux Conseils provinciaux, des membres du Parlement de la Communauté germanophone, des présidents des Fédérations provinciales et d’arrondissement et du Président de la Régionale de Bruxelles, du secrétaire administratif, du directeur du Centre Jean Gol, des représentants du MR dans les organismes régionaux et économiques de la Wallonie, de Bruxelles et de la Communauté germanophone et des membres du Comité du PFF et du Parlement du MCC". 

Mais au cas où, une solution de repêchage existe – peut-être ? – pour Christine Defraigne, à savoir : "Conformément aux statuts, tout autre cas sera examiné par le Conseil du MR qui devra statuer sur la recevabilité de chacune des candidatures à la majorité simple".

Réaction du candidat Georges-Louis Bouchez

De son côté, candidat officiel depuis ce matin, le Montois Georges-Louis Bouchez sur le "cas" Defraigne renvoie fort logiquement à la commission électorale du parti : "étant juge et partie en tant que candidat, je n’ai pas à intervenir dans le dossier même". Mais le même ajoute que cela fait un moment que l'on sait que les statuts sont "problématiques" - la preuve la question s'est déjà posée en 2011, dans l'élection de la succession Didier Reynders-Charles Michel lorsqu'un candidat méconnu Albert Charlier d'Etterbeek avait voulu se présenter mais avait été écarté pour les mêmes raisons de non-appartenance au Comité général du MR... Et Georges-Louis Bouchez de confirmer : "Ces statuts on sait qu'on doit les revoir pour les faire correspondre enfin à une société plus moderne, dans une conception plus participative et plus transversale du parti, un chantier pour le nouveau président sans aucun doute". Et d'ajouter, "partisan du débat le plus large possible", que "si je devenais président, ce travail statutaire serait à engager immédiatement !". 

Mais dans l'état, GLB estime qu'il faut bien respecter les textes même si "une personnalité comme Christine Defraigne devrait pouvoir intervenir dans le débat électoral"... Et de conclure qu'il serait ravi si elle venait rejoindre son équipe ! 

A noter enfin qu'il n'est pas exclu que d'autres candidats - au-delà des Ducarme et Bouchez - surgissent encore. Il se murmure ainsi que du côté liégeois, les députés fédéraux Philippe Goffin et la germanophone Kattrin Jadin se tâtent encore, voir le ministre fédéral des Pensions Daniel Baquelaine, candidat malheureux lors de la présidentielle de 2011.  Élections qu’il avait perdues face à Charles Michel en réalisant tout de même un score de 45 %.

Archives : Journal télévisé 20/09/2019

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