Flexibilité: le système existe déjà, un horticulteur de Bassenge témoigne

A Bassenge, Jean-Paul Halleux utilise depuis des années un système de flexibilité horaire pour ses ouvriers
A Bassenge, Jean-Paul Halleux utilise depuis des années un système de flexibilité horaire pour ses ouvriers - © Tous droits réservés

Travailler jusqu'à 45 heures par semaine... Voilà une des mesures de flexibilité prévue par la réforme du travail que veut généraliser le ministre de l'emploi CD&V Kris Peeters. Une mesure à laquelle s'opposent farouchement les syndicats. Notamment parce que le travailleur se retrouve seul face à l'employeur qui décidera de son horaire. Et que les heures supplémentaires seront finalement payées comme des heures normales.

Des systèmes de flexibilité existent déjà dans la loi mais il sont réservés à certains secteurs. C'est le cas dans l'horticulture via notamment le système des Agences locales pour l'emploi. Un système qui permet aussi aux chômeurs de travailler sans perdre ses allocations.

"Si je veux les employer le samedi ou le dimanche, je n'ai pas de problèmes"

Entre ficus et bégonias, Jean-Paul Halleux dispose à Bassenge, de 1000 mètres carrés de serres chauffées. Son pic annuel de production s'achève ces jours-ci. "J'ai grosso modo entre 100 et 120 000 plantes à mettre en route. Et tout ça dans un laps de temps le plus court possible parce que toutes les plantes doivent être à terme en même temps. On a une période de travail qui est vraiment très très intense à ce moment-là. C'est là qu'il faut donner le plus."

Durant cette période, il emploie régulièrement depuis 15 ans, deux ouvriers via l'Agence locale pour l'emploi. "Dans l'horticulture, ils peuvent faire 150 heures par mois et 630 heures maximum par an. Mais sans avoir des contraintes d'horaires. Si je veux les employer 3 heures par jour ou 9 heures par jour, je n'ai pas de soucis. Si je veux les employer le samedi ou le dimanche -pour autant qu'ils soient d'accord- je n'ai pas non plus de problèmes."

Jusqu'à 50 heures par semaine et 11 heures par jour!

Parmi ces ouvriers, Daphné. A 32 ans, elle vit seule avec son enfant de 10 ans. "Je peux travailler jusque 11 heures par jour. Le patron nous prévient toujours deux ou trois jours à l'avance, ça dépend. C'est mon père qui s'occupe de mon fils et je m'organise souvent avec les voisins pour le garder. Souvent, il sait s'occuper de lui tout seul. Après 11 heures, je suis un petit peu fatiguée mais je trouve que c'est plus motivant."

Plus largement, dans tout le secteur horticole et agricole, les ouvriers peuvent travailler jusqu'à 50 heures par semaine et 11 heures par jour en période de fortes activités. Un accord négocié depuis des années avec les syndicats.

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