Flémalle: le château de Chokier ravagé par les flammes

A Flémalle, le château de Chokier a été la proie des flammes cette nuit. Les pompiers de Liège ont été alertés vers 4H00. La protection civile a même été appelée en renfort.

L'aile gauche du château complètement détruite

L'incendie est à présent maîtrisé. Il a complètement détruit l’aile gauche du château et fortement endommagé la partie centrale de la bâtisse, vieille de 300 ans. Au total, près de 50 pompiers ont été mobilisés.

La grande difficulté pour les pompiers sur place a été l'accès à ce château, et donc l'approvisionnement en eau, comme l'explique le capitaine des pompiers de Liège, Laurent Charbon: "Ici on est vraiment au-dessus d'une butte, à plusieurs dizaines de mètres au-dessus du niveau de la Meuse. Le chemin d'accès est très étroit et fait moins de trois mètres de large et est très accidenté. La première bouche d'incendie à proximité est à 250 mètres et ne débite quasi aucune eau. On a donc dû mettre en place une citerne de la protection civile tout en bas du chemin et tirer des tuyaux jusqu'ici. Cela a pris plusieurs dizaines de minutes pour obtenir de l'eau en conséquence".

Les deux occupantes ont été hospitalisées

Les deux personnes qui se trouvaient dans le château ont été intoxiquées par les fumées et transportées à l'hôpital. L'une d'elles a également été brûlée aux jambes. Il s'agit a priori des châtelaines mais cela reste sous réserve tant que la police n'a pas procédé à la vérification de leurs identités. Celles-ci se trouvent toujours à l'hôpital. Selon la police de Flémalle, l'une d'elles est a priori tirée d'affaire tandis que les jours de la seconde victime, qui a également été brûlée aux jambes, sont toujours considérés en danger.

L'origine de l'incendie sans doute accidentelle

L’enquête va devoir déterminer l'origine du sinistre, mais d'après le commissaire de police Jean-Pierre Dockier, il s'agit d'un accident: "Actuellement, donc sans avoir pu examiner le bâtiment entièrement, il s'agirait d'un incendie d'origine accidentelle".

On parle d'un incendie provoqué par une couverture chauffante, celle des occupantes des lieux: "C'est une des pistes envisagées actuellement, mais elle n'a pas encore pu être vérifiée parce que les occupantes n'ont pas encore pu être auditionnées". Une hypothèse qui devra donc être confirmée par le rapport de l'expert descendu sur place. "Ce matin, la police va maintenir les lieux en état parce que les pompiers travaillent toujours pour éviter que des braises se ré-enflamment et que l'incendie ne reprenne. Ils doivent refaire un nettoyage pour les anciens planchers pour voir s'il n'y a pas de feu qui couve sous ces anciens planchers. Le travail d'enquête commencera dès que nous pourrons accéder au bâtiment".

Un drame pour le patrimoine wallon

Le château qui domine fièrement la vallée mosane à Flémalle est donc aujourd'hui largement détruit. Ce château, c'est un joyau de notre patrimoine. Pierre Gilissen, secrétaire permanent de la commission royale des monuments et sites de la Région wallonne: "C'est un drame pour le patrimoine wallon. Le château de Chokier est très connu. Il est très prégnant dans le patrimoine de la vallée mosane. C'est une des entrées monumentales de Liège, et le voir dans cet état est vraiment navrant. C'est un bâtiment classé comme monument pour ses façades et toitures. C'est un bâtiment du 18ème siècle mais qui a des parties plus anciennes du 16ème et même du 14ème siècle".

Des personnages importants sont passés par le château de Chokier, comme "la famille de Surlet de Chokier qui a longtemps été propriétaire du château et qui a donné le premier chef de l'état belge, ne n'oublions jamais, en 1830. Et le tsar Pierre le Grand est passé ici en 1717".

Les riverains se disent tristes et choqués

Pour les riverains que nous avons rencontrés, c'est tout un symbole qui s'est envolé en fumée: "C'est un symbole, c'est un peu l'âme du village, c'est une catastrophe". "On a grandi avec ce château. C'est le joyau de Chokier. C'est quelque chose qui nous tenait à cœur qui est parti en fumée. On a vu le château s'embraser minute après minute".

La circulation des trains a repris

Quant à la circulation des trains, elle a repris sur la dorsale wallonne entre les gares de Huy et de Liège-Guillemins. Elle avait été interrompue en raison d'un risque de chute de débris provenant de l'incendie du château.

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