Fini le recyclage des bouchons en plastique? Ou quand la solidarité se heurte à la rentabilité

Depuis une quinzaine d'années, des associations avaient pris l'habitude de collecter les bouchons en plastique, pour la bonne cause. Tous ces bouchons transitaient par une entreprise herstalienne, Eryplast, qui les rachetait, les recyclait et les transformait en palettes.

Mais il y a trois ans, Eryplast a été rachetée par un groupe allemand, qui a décidé de mettre un terme à ce dispositif. Les actionnaires estimant que ça n'est plus rentable.

Une importante manne de financement qui s’évapore

Pour les quelques 130 associations concernées, en Belgique comme en France, c'est un véritable manque à gagner (quelque 720.000 euros en moins par an).

Vanessa Wey est formatrice pour l'association Osmose qui éduque des chiens d'assistance pour personnes handicapées. Les bouchons solidaires lui rapportaient environ 6.000 euros par an.

"On court derrière l’argent toute l’année. On vit de dons privés, d’événements qu’on met en place. Et les bouchons, cela se faisait tout seul, ça existait déjà depuis longtemps. C’était facile, on ne devait pas se battre pour avoir de l’argent."

L’aspect social du projet réduit à néant ?

Au-delà de la question pécuniaire, c’est tout l’aspect social, notamment avec les écoles, qui est ici torpillé. "Beaucoup d’enfants se mobilisaient et amenaient des bouchons à l’école. Là, ils ne savent plus quoi faire de leurs bouchons. Ils sont tristes. Eux qui avaient eu des démonstrations de chiens d’assistance, qui s’étaient rendus au recyclage, qui étaient sensibilisés au handicap… Et d’un coup, on ne peut plus ! Pourquoi ? Pour des questions de restructuration et de coût. C’est un peu compliqué pour eux de comprendre tout ça."

Et puis, en plus de l’argent, c’est également "un outil de communication très important que l’on perd ! Car ça rassemblait sans coûter quoi que ce soit…"

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