Face à la crise, des torréfacteurs artisanaux belges ouvrent une boutique en ligne commune

Avec la crise sanitaire, les torréfacteurs indépendants boivent la tasse eux aussi.

Fermeture de l’horeca et télétravail les privent de leur principale clientèle. Pour tenter d’au moins limiter l’impact de la crise, une vingtaine de ces torréfacteurs artisanaux se sont associés pour créer un e-shop commun : montorréfacteur.be

Parmi eux, il y a deux entreprises de la province de Liège : Preko à Seraing et Le Gourmet à Eupen.

Les cafés Le Gourmet, c’est une toute petite équipe : le patron, Dany Soiron, et, habituellement, un livreur qui est au chômage économique depuis octobre.

"On travaille à 70 ou 75% avec la gastronomie.", explique Dany Soiron, "10 à 15% avec des sociétés. Et le reste, ce sont des privés qui viennent à la torréfaction. On a quelques magasins, des magasins bio. L’horeca, c’est complètement fermé, sauf, dans les Ardennes quelques hôtels. Dans les usines, avec le télétravail, ça ne donne rien du tout. Il y a quelques sociétés où il y a des distributeurs, ça fonctionne un peu. Pour l’instant, les plus grands clients, ce sont des magasins et les privés qui viennent acheter à la torréfaction. J’ai vu même une forte augmentation des clients qui viennent ici. Les gens cherchent maintenant des producteurs locaux. On a un label "Made in Ostbelgien"."

Cela ne suffit évidemment pas pour compenser les pertes subies par ailleurs.

Les cafés Le Gourmet se sont donc tournés vers la vente en ligne. "C’est tout nouveau pour nous. A la première crise, on n’a même pas pensé à ça.", raconte Dany Soiron,"Au début de la deuxième crise, on a essayé de trouver une solution, faire un webshop. J’espère qu’on pourra lancer le webshop à la mi-mai."

Dans le même temps, il s’associe donc avec d’autres torréfacteurs pour le site montorréfacteur.be. Dany Soiron pense-t-il qu’il peut lui amener une autre clientèle que son magasin en ligne personnel ? "Bien sûr, il y a toujours des gens qui veulent essayer des nouveautés, des autres cafés, pour goûter un peu de tout."

Une compétition saine

Le constat est identique à Seraing à l’entreprise familiale Preko, dont Vincent Gambini est un des responsables : "La majorité de nos clients, c’est bien sûr l’horeca, qui est fermé pour l’instant. Les bureaux, qui, eux, ont fortement également diminué à cause du télétravail. On a eu la chance de s’être diversifiés il y a quelques années dans les magasins bio et les magasins de produits locaux, donc ça, ça nous a permis de continuer à travailler durant cette crise et un peu nos clients qui font de "l’emporter"."

L’équipe est habituellement composée de 10 personnes. En ce moment, elle est réduite à 3 ou 4 selon les jours.

Preko avait déjà lancé sa boutique en ligne. Quels avantages peut avoir le fait d’être aussi présent sur un site avec d’autres torréfacteurs ? "C’est vraiment une compétition saine parce que ça permet d’attirer beaucoup plus de personnes.", répond Vincent Gambini, "Le consommateur de café qui ne nous connaît pas ne va pas venir sur nos sites par hasard. Avoir cette espèce de grand marché du café, ça permet aux gens qui aiment bien faire des découvertes de trouver tout ce qu’il y a de disponible sur le marché belge en termes de café artisanal et local. On ne s’attend pas à ce que ça remplace l’horeca, mais ça va être une corde de plus à notre arc pour les années à venir."
 

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