Extension du piétonnier à Liège: quelle politique de la nuit à développer?

Depuis deux ans, la Ville de Liège a pris plusieurs mesures dans le centre festif du Carré où la tension était devenue trop forte. La commune veut poursuivre et adapter l'opération "Pour un Carré qui tourne rond" avec l’obligation d'utiliser des verres en plastique en rue, un renforcement policier, une sensibilisation des cafetiers et des fêtards, etc.

Avec l'extension du piétonnier et la création d'une place dans le centre, certains riverains se retrouvent mêlés aux nuits de guindailles. Une situation que la Ville entend gérer par la concertation. Elle envisage de nommer un manager de la nuit.

Pour le bourgmestre de Liège, les jeunes qui se réunissent la nuit en bordure du Carré pour consommer de l'alcool posent problème: "Ils se regroupent notamment aux alentours du carré, et là, nous avons un conflit potentiel avec les habitants. Il faut le résoudre avec les habitants et les services communaux".

L'exemple de la Ville de Nantes

Le bourgmestre envisage toutes les pistes pour améliorer sa politique de la nuit. En France, la ville de Nantes expérimente depuis presque dix ans cette solution.

"Vous sortez le soir et vous rencontrez des veilleurs de soirée qui sont un dispositif de prévention mis en place la Ville pour une réduction des risques", explique Rim El-Sayed qui travaille comme chargée de médiation à Nantes. "Sur certains sites très festifs, les stewards sont  avec des secouristes. Vous avez également un réseau de transport nocturne très développé, en particulier le weekend. La majorité des établissements ferment à 2h à Nantes mais nous avons 16 établissements qui ferment à 4h pour réguler le flux et avoir malgré tout une proposition pour ne pas que les personnes stagnent dans l’espace publique", poursuit-elle.

Poursuivre les efforts

Dans le Carré, après une diminution de plus de 15% des vols avec violence l'année dernière, leur nombre est remonté aujourd'hui à celui d'il y a deux ans. Même constat concernant les bagarres. Une situation qui interpelle le bourgmestre de Liège: "Il faut maintenir la pression. Les anciens fêtards sont maintenant rangés et nous avons de nouvelles générations comme depuis 5 siècles dans le carré. Tout est à recommencer. C’est la raison pour laquelle nous souhaitons pérenniser la démarche par une présence policière et une prévention en association avec les cafetiers".

Dans ces chiffres, le nombre de vols à la tire est aussi en forte augmentation à plus de 30%. Un problème qui, selon la police, est en passe d'être résolu par l'identification d'une bande. Reste les points positifs: en deux ans, le nombre de coups et blessures avec arme a diminué de moitié. Des chiffres qui poussent le bourgmestre à maintenir et développer les mesures prises depuis l'opération "Pour un Carré qui tourne rond".

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