Eviter le placement d'un enfant: un travail qui commence avant la naissance

Pour certaines familles défavorisées, la parentalité est loin d’être une évidence. Les problèmes d’argent, de santé ou encore un logement insalubre font qu’il est parfois compliqué de prendre soin d’un enfant. L’association liégeoise Seconde peau accompagne les parents d’enfants en bas âge. Elle donne des conseils et essaye de créer un lien entre le ou les parents et l’enfant.

Dans les cas les plus critiques, les enfants sont parfois retirés à leur famille par le service d’aide à la jeunesse. C’est pourquoi Seconde peau intervient aussi chez les mères et les familles qui attendent un enfant, quand il y a un risque de placement.

Eviter un troisième placement

Toutes les semaines, la psychologue Céline Foidard et l’assistante sociale Sophie Mespreuve frappent à la porte d’Elodie et Pascal. Le couple d’une vingtaine d’années occupe un minuscule appartement, en périphérie liégeoise. Dans quelques semaines, Elodie donnera naissance à une petite fille, le troisième enfant du couple. Mais depuis plusieurs mois, les deux aînés ne vivent plus dans le très sombre logement familial. Après un coup dur – un décès dans la famille – la situation du ménage se dégrade. Le logement, déjà insalubre, est négligé, les enfants délaissés. Ils sont finalement retirés à la garde de leur famille.

Faut bouger là. On va me la prendre et je n’en ai pas envie

"Faut bouger là", s’alarme Elodie, réaliste. "Il ne reste plus que trois mois avant que la petite naisse et ça risque d’être compliqué. On sait bien que si elle arrive maintenant, on va me la prendre, et ça je n’en ai pas envie", explique la jeune femme de 22 ans à ses deux visiteuses. Le risque est effectivement réel. Si la situation et le mode de vie du couple ne changent pas, l’enfant à naître pourrait lui aussi être retiré à ses parents.

C’est pour éviter ce scénario qu’Elodie et Pascal ont accepté d’être épaulés par Seconde peau. "Avec eux,

ça me permet de m’ouvrir", reconnaît le jeune père. "On discute, il y a des choses que je remarque que je n’avais pas vues auparavant. Je me dis qu’ils sont là pour nous aider et pas pour nous enterrer."

Céline Foidard et Sophie Mespreuve orientent, accompagnent. Leur but, c’est d’éviter les situations de placement, souvent "traumatisantes" pour l’enfant, lorsque cela est possible.

Créer un climat "apaisant et stimulant"

Des conseils pour les démarches administratives ou médicales, pour mieux aborder le quotidien ou encore apprendre à mieux communiquer dans le couple. "C’est sûr que quand les dames sont là, madame parle plus", assure Pascal qui reconnaît que les rapports sont souvent tendus entre sa compagne et lui. Elodie abonde : "Moi aussi j’en apprends plus sur ce qu’il pense ou ce qu’il ressent. Parce qu’entre nous on ne se dit pas toujours les choses avec douceur. Ici, c’est le cas."

Le destin de cet enfant à naître n’est pas encore écrit. Il pourrait être placé, rester avec ses deux parents ou avec l’un des deux uniquement. Quoi qu’il en soit, l’accompagnement de Seconde peau devrait se poursuivre encore un peu. Un objectif : construire coûte que coûte un lien entre le nouveau-né et ses parents.

 

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