"Et les Copains" : un restaurant inclusif au cœur du Grand Curtius de Liège

"Et les Copains" est un restaurant végétarien inclusif. Son objectif ? Mettre au travail des personnes porteuses d’autisme et de trisomie tout en balayant les préjugés. Le restaurant a déménagé depuis mi-mai au sein du Grand Curtius de Liège, dans le Bistrot, ce qui lui permet de créer du lien grâce à la restauration.

 

 

Un double objectif

"Le samedi, dimanche et lundi c’est le Mad Café qui exploite les lieux; et le mercredi, jeudi, vendredi, ce sont nos jeunes qui prennent place dans le restaurant" explique Marilou Habrand. Elle est éducatrice depuis plus de 20 ans avec des personnes en situation de handicap et créatrice du projet "Et les Copains". "Nous, on fait de la cuisine végétarienne, locale et de saison et on se sert du lieu à la fois comme une possibilité d’inclusion et une possibilité d’apprentissage." Elle souligne que les apprentissages dans un restaurant sont multiples : "La lecture, l’écriture, l’expression orale, etc., soit les apprentissages de base mais il y a aussi des compétences plus présentielles comme aller à table, servir des clients, se présenter correctement etc."

Pour l’instant, 6 jeunes sont encadrés par une solide équipe de bénévoles. "L’idée, c’était vraiment de mettre ces jeunes dans la rencontre, de décloisonner en fait; arrêter d’être dans un entre-soi et de se servir de l’outil de la restauration pour mettre en contact les gens", résume Marilou Habrand.

La priorité : s’adapter aux besoins de tous

Lorsqu’on l’interroge sur l’organisation d’un tel projet, Marilou Habrand explique que de nombreux dispositifs ont été mis en place pour faciliter la vie des personnes autistes et trisomiques impliquées dans le projet : "On part chaque fois de la situation individuelle. On ne fait pas de généralités, on va chaque fois rencontrer la personne et on observe où elle en est avec ses forces et ses fragilités. Ensuite, on va mettre au point des outils qui lui correspondent au mieux. On observe finement ce qui se passe en salle ou en cuisine, on repère les besoins spécifiques de chacun. Par exemple, on a aménagé un petit coin en retrait, une espèce de bulle de sérénité où on peut se retrancher avec eux quand il y a trop de stress. On a aussi des outils pour gérer le stress comme des méditations."

 


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Du côté des jeunes de l’équipe, participer au projet leur apporte "beaucoup de fierté" : "Ce qu’ils disent régulièrement c’est qu’ils sont super fiers d’être serveur dans un restaurant", raconte Marilou Habrand. "Ils sont fiers par exemple quand il y a une personne qui prépare le dessert. Dans ce cas, on inscrit sur le tableau : c’est le dessert de Hugo, de Benoît et ils sont super contents de pouvoir dire : c’est mon dessert et c’est lui qui est à la carte. Ils sont aussi valorisés par leur spontanéité parce que bien souvent, une remarque ou l’autre ça fait rire les gens et ça les met de bonne humeur. Ils sont contents aussi de pouvoir être tels qu’ils sont mais avec un accompagnement derrière sérieux".

Ils sont contents de pouvoir être tels qu’ils sont mais avec un accompagnement derrière sérieux.

Quant au public, il a très bien accueilli le projet. "On a reçu plein de beaux messages, des gens qui faisaient des dons spontanément donc les citoyens, ils font énormément de choses et sont très réceptifs à l’initiative et pour nous, c’est super important. Ça fait beaucoup de bien que ce soit pour les jeunes ou l’équipe derrière." Un soutien de taille qui a permis au restaurant de prendre son envol à ses débuts.

Au cœur de la démarche : la rencontre

"Et les Copains" n’est pas seul. Beaucoup d’autres structures œuvrent déjà pour favoriser l’inclusivité : "Des tas d’associations travaillent déjà là-dessus, on n’est pas non plus des précurseurs", souligne Marilou Habrand. Elle a décidé de créer "Et les Copains", pour mettre un terme à la peur : "Notre idée c’est qu’à force de mettre les gens dans des boîtes, avec une étiquette, on fait que les gens se méfient des uns des autres. Si vous parvenez à faire se rencontrer les gens dans un endroit bienveillant, sécurisant, adapté et que la rencontre se passe bien du coup, on fait tomber les préjugés, la peur et les stéréotypes. C’est démontré dans des tas de secteur : l’école inclusive par exemple. On ne peut pas continuer dans une société à mettre les gens à l’écart les uns des autres parce qu’alors on renforce la peur; et la peur c’est jamais intéressant. Plus les gens vont se rencontrer, plus ils arriveront à dépasser leur peur."

Plus les gens vont se rencontrer, plus ils arriveront à dépasser leur peur.

Un monde plus humain

"Le changement, il peut venir de nous", insiste Marilou Habrand. "On ne doit pas attendre que ça vienne d’ailleurs et je pense qu’on le voit autour de nous, il y a plein de gens qui sont désireux que les choses changent pour un mieux. Toutes ces initiatives, elles doivent être encouragées et soutenues, pas seulement la nôtre. On peut être acteur de changement et on peut vraiment aller vers un monde plus humain."

Le changement, il peut venir de nous. On ne doit pas attendre que ça vienne d’ailleurs. On peut être acteur de changement et on peut vraiment aller vers un monde plus humain.

Informations

Pour plus d’informations, rendez-vous sur la page Facebook officielle d’Et les Copains.

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