Esneux: mobilisation contre l'expulsion d'une famille ivoirienne

La population esneutoise est derrière Sarah Kaba et ses deux enfants
La population esneutoise est derrière Sarah Kaba et ses deux enfants - © RTBF - Martial Giot

A Esneux, la population se mobilise contre l'expulsion d'une mère de famille ivoirienne et de ses deux enfants, un garçon de 8 ans et une fille de 5 ans et demi. Victime de mutilations génitales, Sarah Kaba a fui la Côte d'Ivoire pour empêcher que sa fille ne soit aussi excisée. Elle a demandé l'asile en Belgique. Elle réside depuis décembre 2014 dans une Initiative Locale d'Accueil du CPAS d'Esneux. Ses enfants sont scolarisés à l'école communale de Tilff. Pour sa part, elle a suivi et réussi une formation d'aide-soignante. Mais ce lundi, la dernière décision de l'Office des Etrangers est tombée : Sarah Kaba et ses enfants doivent quitter Esneux jeudi pour intégrer un centre de retour avant de repartir, de gré ou de force, en Côte d'Ivoire.

En l’apprenant, Sarah Kaba était effondrée, terrifiée... La mobilisation des Esneutois lui a toutefois redonné espoir. " En voyant tout ce monde qui se mobilise, surtout des gens qu’on ne connaît pas, franchement je me dis que c’est un espoir. ", confie Sarah Kaba, " J’ai quitté la Côte d’Ivoire pour protéger mes enfants, surtout ma fille qui risque d’être excisée. Ma procédure d’asile portait sur ça ainsi que la procédure d’asile qui a été faite au nom de ma fille. Une petite fille de quatre ans (à l’époque) qui demande à être protégée contre l’excision… Moi, sa mère, j’ai subi l’excision et, aujourd’hui, j’ai des séquelles tant physiques que psychologiques. Même ma fille, quand on lui parle de ça, elle met sa main face à sa partie intime comme si elle avait cette possibilité de se protéger. Tout ce que je demande, c’est qu’on accorde cette protection à cette petite fille, qu’elle ne soit pas victime de cette barbarie. "

Le CPAS, l'école communale, les citoyens, tous se mobilisent

Face à l'urgence, le CPAS d'Esneux a lancé la mobilisation. Pourquoi ? Son président, Bernard Marlier, s’explique : " C’est vraiment une personne qui depuis le début a toujours été correcte avec nous. Elle a toujours été courageuse. Ses enfants sont bien élevés, ils sont adorés de tous leurs condisciples, de leurs professeurs. Elle a fait une formation d’aide-soignante, qu’elle a réussi, mais comme elle n’est pas reconnue, elle n’a pas de permis de travail, donc c’est très difficile de trouver un emploi. "

L’école communale de Tilff est aussi en première ligne parmi les soutiens à Sarah Kaba et à ses enfants. " La nouvelle a été accueillie avec beaucoup d’émotion, de tristesse et de colère. Pour nous, c’est un véritable drame. ", explique Eric Hardy, le directeur de l’école, " C’est à nouveau déraciner cette famille, ces enfants et nous ne pouvons pas l’accepter. Ce sont des enfants gentils, ouverts, éduqués dans le respect. Ils ont vite été adoptés par tous leurs condisciples. Leur scolarité se déroule parfaitement. Ce sont des enfants qui aiment apprendre et qui aiment jouer avec les autres. Ils ont énormément de camarades. Ils vont régulièrement le mercredi après-midi ou le week-end jouer chez les copains de classe. "

Eviter l'expulsion ?

Mais est-il encore possible d’éviter l’expulsion ? " L’avocate de madame Kaba va réintroduire, je pense, une nouvelle demande de régularisation pour raison humanitaire en s’appuyant sur le fait que madame vit depuis quatre ans à Esneux, qu’elle est vraiment intégrée, que ses enfants sont intégrés. Madame a même un diplôme, donc pourrait travailler. ", répond Sandrine Bolette, assistante sociale au CPAS d'Esneux, " A côté de cela, l’avocate va aussi introduire un recours en référé contre la décision de renvoi dans un centre de retour. " La promesse ferme d’un emploi pourrait avoir un effet positif. " Tout à fait. ", confirme Sandrine Bolette, " Elle a un diplôme d’aide-soignante et nous appelons vraiment à la mobilisation dans ce sens, pour voir si quelqu’un ne pourrait pas proposer une promesse d’embauche, mais ferme. Ça peut vraiment aider, parce que là, maître Saroléa pourra essayer d’obtenir un droit de séjour par le travail. "

 

     

 

 

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