Esneux : après 40 ans d'enseignement, "Monsieur Willem" part à la retraite

Instituteur depuis 40 ans, Michel Willem a dit au revoir à ses derniers élèves
Instituteur depuis 40 ans, Michel Willem a dit au revoir à ses derniers élèves - © RTBF - Olivier Thunus

Beaucoup de jeunes et moins jeunes Esneutois connaissent " Monsieur Willem ". Depuis 40 ans, Michel Willem est instituteur. Et dans sa dernière leçon de conjugaison, peut-être a-t-il dû réviser l’imparfait. Car vendredi, il a accueilli pour la dernière fois ses élèves à l’école Saint-Michel d’Esneux. Et jusqu’au dernier jour, il aura gardé sa motivation.

A la limite, je dirai que la motivation a encore augmenté avec le temps, même si le métier est devenu, à mon sens, de plus en plus compliqué. Il y a des jours où on enverrait bien tout promener, mais la plupart du temps, je suis rentré chez moi en me disant : demain, ou après-demain, ou l’année prochaine, ou dans six mois, je ferai telle ou telle chose. A partir du moment où on continue à faire des projets, c’est que la motivation y est toujours ", explique-t-il.

D’emblée, l’homme est accueillant. Il respire la bonhomie. Et s’il est devenu enseignant, c’est le fruit d’un instinct : " Je crois que j’ai fonctionné depuis toujours à l’instinct. Un jour je me suis dit que c’était ça qui me convenait, que c’était ça que je voulais faire, et je m’aperçois maintenant que je ne m’étais pas trompé ", affirme l’enseignant.

En 40 ans de carrière, toujours en cinquième ou sixième année, à l’exception d’un trimestre, parfois les deux en même temps, il en a vu défiler des enfants, des parents et des collègues. Tous l’ont marqué, d’une manière ou d’une autre : " Une carrière professionnelle, et une carrière d’enseignant en particulier, c’est fait de hauts et de bas. On rencontre des personnes extraordinaires et on rencontre des personnes extrêmement critiques aussi. On rencontre des enfants extraordinaires, et ils sont tous extraordinaires quand ils sont seuls. Maintenant, parfois, en groupe, ils peuvent être moins extraordinaires… Mais au bout du compte, je dirai comme Edith Piaf : ‘Non, je ne regrette rien’", constate-t-il.

Sa fin de carrière aura été marquée par la crise du coronavirus. Mais il a pu revoir ses élèves, et pour lui, c’était important : " C’était important, d’autant plus que dans le courant du mois de mai, j’en avais fait mon deuil. J’avais dû prendre un groupe de sixièmes et il n’était pas question à ce moment-là de reprendre les autres classes. Puis la nouvelle est arrivée et elle était assez inattendue. Pour moi, ça a été en tout cas une bonne surprise ".

Quant à savoir s’il aura un pincement au cœur en repassant à l’avenir devant l’école, Michel Willem s’interroge : " J’attends le 1er septembre pour savoir ce que je vais ressentir. Je m’interroge vraiment à ce sujet-là ", confie-t-il.

En attendant, " Monsieur Willem " ne manque pas de projets, entre petits travaux, suivi de courses automobile, jardinage ou encore vélo.

Newsletter info

Recevez chaque matin l’essentiel de l'actualité.

OK