Eros center: Seraing abandonne le projet suite à une plainte de féministes

A Seraing, le projet d'Eros center ne verra pas le jour. Lancé il y a 8 ans, le Centre de Prostitution Encadrée comme il s'appelait, provoquait la polémique. C'était une initiative d'Alain Mathot, l'ancien bourgmestre qui a toujours défendu le projet. Le nouveau bourgmestre, Francis Bekaert, comptait le mettre en place. Le but: encadrer et contrôler la prostitution sur le territoire de la ville.

Il faut dire qu'il y a une dizaine d'années, suite à la fermeture de nombreux bordels à Liège, une centaine de prostituées avaient choisi Seraing pour louer des chambres, rue Marnix. Cette arrivée massive de travailleuses du sexe a créé un sentiment d'insécurité pour les riverains mais aussi une situation difficile pour les prostituées.

Un centre sécurisé pouvant accueillir 102 prostituées

"L'Eros center devait permettre de créer un lieu sécurisé pour encadrer les "filles", lutter contre le proxénétisme hôtelier et contre toute forme de criminalité liée a la prostitution" explique Alexandra Paparelli, administratrice déléguée de l'asbl Geces qui était chargée de la gestion de l'Eros center. Le Parquet n'y était pas opposé. Les plans étaient dessinés: 2000 mètres carrés avec 34 chambres, un bureau médical, un bureau de police, des locaux de détente, un jardin et un parking. Le centre pouvait accueillir 102 prostituées dans un lieu sécurisé et dans de bonnes conditions d'hygiène. Il n'en sera rien.

Est-ce que Seraing voulait vraiment organiser une maison de passe communale? 

Loin de là. Plusieurs associations féministes s'y opposaient. Notamment le Conseil des femmes francophones de Belgique. L'association a introduit en juin, une plainte  devant un juge d'instruction à Liège. Elle rappelle que l'article 380 du code pénal punit ceux qui contribuent à la débauche et à la prostitution. Selon Viviane Teitelbaum, "le Conseil des femmes estime que la prostitution est une violence à l'encontre des femmes mais aussi de nombreuses prostituées de la rue Marnix que nous avons rencontrées, nous ont demandé de porter plainte parce qu'elles souhaitaient exercer leur activité de personnes prostituées mais pas dans le cadre d'un Eros center. Est-ce que vraiment Seraing voulait organiser une maison de passe communale?" 

Le débat sur la protection des travailleuses du sexe reste polémique

Une question à laquelle répond la responsable du projet Eros center :"Pourquoi les propriétaires privés -pour certains des proxénètes hôteliers avérés de la rue Marnix- peuvent-ils continuer à exercer en toute impunité ?"  Suite à la plainte, la ville a préféré arrêter le projet, par mesure de précaution pour son personnel. Le débat sur la protection des travailleuses du sexe n'est pas clos. Et il reste polémique. La ville reste convaincue du bien-fondé du projet. Et reste le problème de la gestion de la prostitution à Seraing. Les salons de la rue Marnix sont dans un état pitoyable. Leur avenir fera l'objet d'un débat lors d'un prochain conseil communal de Seraing.

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