Enquête sur la disparition de l'abbé Floribert, curé de Spa

L'abbé Floribert Kaleng Kakez
2 images
L'abbé Floribert Kaleng Kakez - © Tous droits réservés

Les spadois ne se sont pas inquiétés tout de suite: ils ont l'habitude que leur curé, un solide quinquagénaire belgo-congolais, lorsqu'il part séjourner dans son village natal, à la frontière angolaise, ne respecte pas au jour près, la date de son retour. L'an dernier encore, les paroissiens sont restés sans nouvelles de sa part pendant près de trois semaines. Cette fois, plus personne n'est parvenu à joindre l'abbé Floribert depuis trois mois. L'évêché s'apprète, à la fin décembre, à suspendre son traitement, et à déclarer la vacance de son poste. Mais le mystère reste entier.

Plusieurs pistes sont avancées pour tenter de comprendre sa disparition. L'abbé Floribert a contribué, voici douze ans, à créer une association caritative, qui a construit une maternité, une école et un dispensaire, aujourd'hui géré par des soeurs salvatoriennes. L'endroit est isolé, à plus de mille kilomètres de la capitale katangaise. C'est une région qui a connu de fortes tensions politico-militaires entre des rebelles et l'armée. Mais à part une attaque au début de l'été, qui a forcé les religieuses à se cacher en brousse, la zone est plutôt calme ces derniers temps.

La gestion des prêtres d'origine africaine n'est pas toujours évidente, mais Floribert est apprécié à Spa

A-t-il été victime de ce genre de troubles ? Ou faut-il plutôt chercher dans nos contrées des débuts d'explication ? Pour les autorités diocésaines, la gestion des prètres d'origine africaine n'est pas chose aisée, avec des fidèles parfois réticents à accepter la multiculturalité. Des mutations, des déplacements sont quelques fois nécessaires, et l'abbé Floribert a été concerné par ces restructurations pastorales. Mais dans la ville d'eau, il est très largement apprécié....

Il reste alors l'hypothèse d'une maladie, d'ennuis de santé. Un président de conseil de fabrique où l'abbé Floribert a officié parle d'un "accroc", voici plusieurs mois. Mais en principe, ses contacts, sur place, ont du lui permettre de se soigner. La police, en tout cas, a été avertie, afin que des devoirs de surveillance téléphonique ou bancaire permettent de découvrir ce qui a bien pu se passer.

 

Newsletter info

Recevez chaque matin l’essentiel de l'actualité.

OK