Engis: une filière wallonne de purin d'orties

les orties, très fragiles, doivent être repiquées à la main
les orties, très fragiles, doivent être repiquées à la main - © rtbf

Ses vertus sont connues depuis le Moyen-Age mais pour le commun des mortels, l'ortie reste une mauvaise herbe qui pique. Pourtant, trois agriculteurs du Namurois ont décidé il y a quelques années de se diversifier et de se lancer dans la culture de cette ortie.  Aujourd'hui, après les compléments alimentaires pour chevaux, pour chiens et bientôt les recherches pour l'alimentation humaine, ils lancent une filière 100% wallonne de purin d'orties.

Georges Beguin est un de ces agriculteurs: "je me suis lancé dans l'ortie un peu par hasard. En fait, c'est un ami qui m'a parlé des recherches du centre des technologies agronomiques de Strée (Huy) sur les orties. Ils cherchaient un agriculteur pour cultiver des champs d'orties; on a commencé il y a quatre ans. Aujourd'hui, on a environ une quinzaine d'hectares". Contrairement aux idées reçues, l'ortie est une petite plante fragile, vite écrasée et sa graine est minuscule. Pour la cultiver, il a donc fallu avoir recours aux serres et puis une fois la plante un peu plus robuste, elle est repiquée à la main. La première année, elle ne produit rien. Une récolte entière n'est possible que la troisième année. La société Agrortie produit déjà des compléments alimentaires pour chevaux, teste ceux pour chiens et dès septembre développera des produits pour l'alimentaire humain que l'on retrouvera peut être dans des plats comme des lasagnes.

500 000 litres de purin d'orties pour Belgagri

Fondée en 1985, la société Belgagri installée à Engis s'est, elle, spécialisée dans les produits pour lutter contre les nuisibles (rats, souris, guêpes, pucerons,..). Le groupe occupe une septantaine de personnes à Engis et dans ses filiales étrangères  pour un chiffre d'affaires de près de 20 millions d'euros. a côté des produits encore chimiques, la société s'est lancée dans des produits alternatifs et naturels notamment en rachetant Protecta en France. "Cette société utilisait déjà le purin d'orties. C'est beaucoup plus répandu en France", explique Vincent Samain, le patron de Belgagri, "honnêtement, il y a 5 ans, je ne croyais pas au développement de ces produits alternatifs mais depuis deux ans, il y a un réel boom et donc on va tout doucement s'orienter vers cela aussi". La matière première, les orties, de Protecta venaient des champs d'Agrortie, étaient transformés en France et commencent, depuis l'adaptation de la législation, à revenir chez nous. Vincent Samain et Georges Beguin se sont donc rencontrés. L'agriculteur fournira son purin à Belgagri à Engis qui ,elle, mettra à disposition son réseau commercial pour le distribuer. C'est le CTA de Strée qui a mis au point un procédé de macération des orties pour ce purin plus stable et moins odorant. Les agriculteurs créent  une nouvelle société rien que pour ces purins. Elle s'appelle Agripur. Une nouvelle usine d'une capacité de 5000 litres sera construite. L'investissement est de taille: 500 000 euros. elle devrait être opérationnelle fin 2018. C'est donc toute une filière wallonne de l'ortie qui se met progressivement en place.

 

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