Educateurs de rue à Ans: une bouffée d'oxygène pour les familles en difficultés

A Ans, les éducateurs de rue de La Boussole, un service d’aide à la jeunesse en milieu ouvert du CPAS d’Ans, se rendent régulièrement dans le quartier champ d'aviation, un quartier populaire. Cette association organise avec les jeunes toutes sortes d'activités en extérieur. Un besoin, visiblement, en cette période de pandémie pour des jeunes qui ont encore plus de difficultés pour se défouler, mais aussi pour leurs parents.

Parmi ces éducateurs de rue à Ans, nous avons suivi Florine Baar. "On vient presque tous les jours" explique-t-elle. "On se balade avec nos vélos électriques, on est dans le quartier, on va sonner aux portes, on va déposer des fardes d'animation. On a fait aussi énormément d'animations devant les maisons, ça met les jeunes en sécurité parce qu'on est devant chez eux. J'ai aussi beaucoup de contacts avec des mamans isolées qui parfois ont besoin elles-mêmes d'aller faire des balades". C'est le cas de Rajah, qui habite seule avec ses trois enfants: "On vit dans un appartement, mais le fait de sortir les enfants, de les emmener là où je ne peux pas les emmener, ça leur fait beaucoup de bien. Ils font du vélo. Ils sont en sécurité avec eux, et moi, ça me laisse le temps de souffler".

De leur côté, les jeunes semblent ravis: "Florine prend un sac, elle ramène plein de jouets, et on joue frisbee, basket, foot", "On dessine avec des craies, on fait des bulles avec du savon".

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Toutes sortes d'activités sont proposées en extérieur pour les enfants. © RTBF - Erik Dagonnier

Les éducateurs m'ont aidé à m'exprimer, à repousser mes limites

"Maman ne voulait pas trop qu'on sorte à cause du virus, au final elle ne voulait plus qu'on sorte, elle nous confinait vraiment jusqu'à ne plus sortir, on ne pouvait même plus aller chercher le courrier dans la boîte aux lettres. C'était assez difficile" témoigne Bilal, 15 ans.

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Bilal, 15 ans © RTBF - Erik Dagonnier

"Les éducateurs m'ont aidé à m'exprimer, à me découvrir, à repousser mes limites, parce que moi, d'habitude, je ne fais pas de sport. C'est vrai qu'avant, j'avais un peu de mal à sortir, à m'occuper dehors, j'étais plutôt fourré devant mon écran à jouer aux jeux vidéo, et ça s'arrêtait là. Mais maintenant, je fais des activités dehors, je vais à l'agora. Il n'y a pas longtemps, on est partis jusqu'à Tongres faire du vélo. Et dans la période de confinement, ça m'a franchement aidé parce que même avant le confinement, je restais tellement à la maison que ma mère en avait limite marre de me voir".

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