Dumping social: la Chambre de construction de Liège critique l'immobilisme politique

La Chambre de construction de Liège tire la sonnette d'alarme: malgré la nouvelle directive européenne, le dumping social est encore trop présent sur les chantiers (illustration).
La Chambre de construction de Liège tire la sonnette d'alarme: malgré la nouvelle directive européenne, le dumping social est encore trop présent sur les chantiers (illustration). - © HERWIG VERGULT - BELGA

En Belgique, les gouvernements ne font rien pour lutter contre le dumping social. C'est le constat, et le coup de gueule de la Chambre de la construction de Liège.

Le dumping social, ce sont ces travailleurs étrangers sous-payés que l'on retrouve sur de nombreux chantiers, en région liégeoise notamment. En cinq ans, ces salaires bradés et cette main d'œuvre exploitée ont déjà provoqué la perte de 24 000 emplois dans le secteur de la construction, dont 1500 dans la province liégeoise, selon les chiffres avancés par la Chambre de la construction de Liège.

L'Europe dispose pourtant d'un outil anti-dumping: la toute nouvelle directive européenne sur les marchés publics. Pourquoi est-elle inefficace ?

Selon la Chambre de la construction de Liège, c'est la faute aux gouvernements fédéral et régionaux, qui n'ont transposé cette directive que de manière très (voire trop) "light" dans le droit belge. Quant aux communes, plusieurs d'entre elles ont adopté une charte anti-dumping qui permet à la police locale et aux lois sociales d'effectuer des contrôles sur les chantiers.

Mais selon Adrien Dawance, président de la Chambre de la construction de Liège, c'est rarement suivi d'effet. "Par rapport à tous ceux qui ont voté la charte, il n’y a qu’une seule commune – Herstal – qui a poussé les choses jusqu’au bout en créant un comité contre le dumping social au sein de l’entité, et en obligeant les entrepreneurs qui veulent travailler avec la commune à signer la charte. Mais à Liège ou à Hannut, qui ont également signé la charte, il n’y a pas encore eu de mise en exécution (…) Or, encore à l’heure actuelle, sur tous les gros chantiers, on constate qu’il y a de la main d’œuvre détachée." Comprenez des travailleurs venus de l’étranger et sous-payés, parfois 50% en-dessous du salaire légal.

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