Du maïs à toutes les sauces pour nos agriculteurs

La récolte de maïs bat son plein. 60. 000 hectares doivent être récoltés en wallonie. (Photo RTBF - Marc Mélon)
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La récolte de maïs bat son plein. 60. 000 hectares doivent être récoltés en wallonie. (Photo RTBF - Marc Mélon) - © Tous droits réservés

Dans les plaines de Hesbaye, la récolte de maïs bat son plein. A Verlaine, c'est la récolte de Christian Pauly qui est broyée. Les opérations se déroulent à grande vitesse. Au mois d'avril, il a planté dix hectares dans le but de nourrir son bétail. "Les champs de maïs sont une source de fourrage importante pour les exploitations. Ce n'est pas nécessairement bon marché mais le maïs vient en complément des herbes et des autres fourrages", explique Christian Pauly.

Dans les champs, les bennes se suivent pour réceptionner la marchandise. Direction: la ferme où la récolte est stockée. L'engin de Jean-Marie Legros, entrepreneur agricole passe et repasse. "On fait différentes couches pour bien comprimer le maïs, explique l'entrepreneur agricole. "Le but est de faire sortir l'air. En étant comprimé, il n'y a pas d'échauffement. Cela peut se garder une année sans problème afin de nourrir les bêtes".

A Geer, Jacques Dewulf suit les opérations de près. Soucieux de développer son exploitation de façon optimale, il a diversifié ses activités. Il a signé un contrat avec la société Biogaz du Haut Geer qui achète sa production de maïs. "C'est un contrat qui est signé avec la société Biogaz du Haut Geer, explique Jacques Dewulf. "L'entreprise choisit et offre les semences adéquates à l'agriculteur. Nous plantons et notre objectif est d'obtenir la meilleure récolte possible".

Produire du gaz


Cela peut paraître étonnant. La récolte de l'agriculteur est destinée à produire de l'énergie. La transformation s'effectue dans les installations de Biogaz. Gaëtan de Seny, administrateur délégué de la société Biogaz du Haut Geer explique le procédé: "La matière est chauffée à quarante degrés. Elle se décompose et cela produit du gaz. Celui-ci est utilisé comme carburant dans le moteur qui produit de l'électricité. Electricité qui est remise sur le réseau ou vendue à un client". Dans une benne, l'agriculteur transporte facilement 18 tonnes de maïs. Adrien Stevart, chef de production à la société Biogaz du Haut Geer précise: "Il faut environ sept tonnes de maïs pour produire 3.500kw/heure. Cela correspond à la consommation moyenne de deux ménages par an".

A Darion, entre Waremme et Hannut, Maxime Neutelers, un jeune agriculteur, a aussi planté du maïs destiné à produire des bio-carburants dans une usine située en Flandre. Maxime va suivre l'évolution des prix sur son écran d'ordinateur. Lorsque l'offre et la demande se rencontreront, le marché sera conclu. "C'est moi qui donnerai l'ordre de vente en fonction des prix du marché", explique Maxime Neutelers. "D'après les premières informations, les rendements sont assez bons. J'espère que je pourrai réaliser un bénéfice correct".

Les grains de maïs sont récoltés avec précaution par Daniel Delvaux, un entrepreneur agricole de Verlaine, habitué à faucher des céréales. Ici, la tâche est différente. "On fait, ici, une récolte d'épis uniquement alors que pour les céréales, on fait entrer la paille et l'épi. On va battre et séparer l'entièreté. Dans le cas qui nous occupe, il n'y a que l'épi qui est battu".

Maïs doux

Actuellement, pour la Wallonie, 60 000 hectares de maïs sont récoltés. C'est quasi deux fois plus que l'espace consacré à la culture de la betterave sucrière.
Les grains de maïs ne se retrouveront jamais dans nos assiettes, une précision de Guy Foucart, ingénieur agronome au CIPF, le Centre Indépendant de Promotion Fourragère. "Le maïs que nous produisons dans nos campagnes n'est pas destiné à l'alimentation humaine. C'est vraiment pour les bovins, la volaille, les porcs et les pigeons. La maïs doux que nous consommons dans nos assiettes est produit dans le sud de la France. Les conditions y sont plus favorables. La période de production est plus étalée dans le temps", explique l'ingénieur agronome.

Les temps sont durs dans les fermes. Les agriculteurs doivent bien choisir leurs productions pour être certains qu'elles trouveront des débouchés à bons prix sur les marchés.

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