Diverses mesures prises par les transporteurs pour empêcher les migrants de monter dans les camions

Pas toujours facile pour les chauffeurs d'empêcher les migrants de se cacher dans leur camion
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Pas toujours facile pour les chauffeurs d'empêcher les migrants de se cacher dans leur camion - © Tous droits réservés

Les 23 migrants retrouvés jeudi dans un conteneur réfrigéré dans le port de Zeebrugge pourraient y être montés à proximité de Waremme. C’est le parquet de Bruges qui l’affirme.

La province de Liège est traversée par de nombreux camions et plusieurs importantes sociétés de transport y sont implantées. Des sociétés qui prennent des mesures pour empêcher les migrants de monter dans les remorques.

Avec 1500 camions et 3500 remorques, la problématique des migrants qui tentent de rejoindre l’Angleterre, c’est une réalité que le groupe Jost connaît bien. Ces deux dernières années, elle a connu deux cas de migrants montés dans ses remorques.

Ses chauffeurs ont reçu des instructions : contrôler les remorques après chaque arrêt ou ne pas s’arrêter dans certains parkings. L’ouverture des portes de certaines remorques est aussi surveillée à distance. Et puis il y a les réseaux de protection : " Nous sommes inscrits, pour certains types de marchandises, dans un programme de protection et là, nous avons l’obligation de passer par des routes qui sont déjà établies et validées, de nous arrêter dans des parkings qui sont autorisés, et l’interdiction de nous arrêter dans certains parkings ", détaille Véronique Hustin, responsable communication du groupe Jost.

Il existe aussi des systèmes permettant de savoir où se trouvent les migrants et d’en informer les chauffeurs : " Il existe des sites qui nous permettent de voir quels sont les événements qui ont eu lieu sur tous les parkings d’Europe, par exemple ", ajoute-t-elle.

Témoignage

Michel Fortemps est chauffeur routier et formateur. Il a déjà découvert des migrants dans sa remorque : " Le chauffeur, au quotidien, le vit très mal parce que c’est à lui qu’on va reprocher d’avoir pris ou pas pris des migrants, donc c’est très compliqué à gérer. Les migrants essaient de monter par le toit ou de se cacher au niveau du châssis, même en se longeant en dessous ou en créant eux-mêmes un double fond. Des migrants vont aussi dans des frigos à -25 degrés pour être sûr qu’on se dise qu’ils ne vont jamais aller là-dedans. Pourtant ils y vont. Personnellement j’ai déjà été confronté à des migrants. J’ai vu leur tête passer dans mes rétroviseurs. J’ai dû appeler la police et ne pas m’arrêter et c’est à ce moment-là qu’on m’a intercepté mais ils étaient dans la remorque ", détaille-t-il.

Pour les chauffeurs, la tâche est compliquée mais Michaël Reul, le secrétaire général de l’Union professionnelle du transport et de la logistique va plus loin. Pour lui, il y a aussi d’inévitables complicités : " Je n’accuse personne mais c’est toujours plus facile avec la collaboration du chauffeur routier ou au minimum du chargeur parce que dans bien des cas, le camion est chargé et le chauffeur n’a aucune vision sur l’intérieur du container. Lui, sa marchandise, c’est le container et s’il y a des migrants à l’intérieur, c’est peut-être totalement à son insu ", explique-t-il.

D’éventuelles complicités pas toujours volontaires, mais dangereuses car en Grande-Bretagne, les chauffeurs arrêtés avec un véhicule transportant des migrants sont automatiquement considérés comme complice, se voient infliger d’importantes amendes et risquent la confiscation de leur véhicule, voire une peine de prison.

Si de nombreux migrants veulent rejoindre la Grande Bretagne, c’est parce qu’il n’y a pas de carte d’identité dans ce pays. Difficile dès lors pour les autorités de savoir qui est légalement ou non dans le pays.

Le fait régional du 28/01/2020

Archives : Journal télévisé du 18/12/2019

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