Des vététistes voient dans les contrôles du DNF une chasse aux VTT, un manifeste lancé en ligne

Des vététistes comparent les contrôles du DNF à une chasse aux VTT, un manifeste lancé en ligne
Des vététistes comparent les contrôles du DNF à une chasse aux VTT, un manifeste lancé en ligne - © RTBF

Dimanche, le DNF, le Département de la Nature et des Forêts de la Région Wallonne, a mené dans les bois de Spa une opération de contrôle que certains vététistes qualifient de chasse aux VTT.

Depuis dimanche, la Mountain Bikers Foundation Belgium, l’association Belge du VTT, invite à signer en ligne un manifeste intitulé : "Non au VTT interdit en Wallonie".

Contrôler le respect des règles de circulation en forêt

L’inspecteur général du DNF, Jean-Pierre Scohy assure qu’il n’y a pas de chasse au VTT : "La raison de ce type de contrôles est qu’il existe des textes, en l’occurrence le Code Forestier, qui précise les règles de circulation en forêt et que, périodiquement, le DNF met en place des contrôles pour vérifier l’application de ces textes, que ce soit à destination des véhicules à moteur, des VTT, des piétons, voire d’autres.". En ce qui concerne les VTT : "On vérifie simplement qu’ils sont bien sur les voiries qui leur sont octroyées, c’est-à-dire les chemins et les routes mais sûrement pas les sentiers qui sont en principe réservés aux piétons. Le Code Forestier a défini trois types de voiries : le sentier, qui est une voirie de moins d’un mètre de large et qui est accessible uniquement aux piétons, le chemin, plus large qu’un mètre mais qui n’est pas surfacé comme une route, cette voirie est accessible aux piétons, aux VTT, aux cavaliers, aux attelages, aux skieurs, troisième type de voirie, la route qui, elle, est accessible à tous les utilisateurs, y compris les véhicules à moteur. La plupart du temps, on commence par faire des avertissements, donc on fait de la prévention. Mais par la suite, s’il y a récidive, on en vient au PV."

En matière de contrôle, l’accent est-il toutefois mis actuellement sur les VTT ? "Peut-être effectivement… Pour deux raisons, la première c’est qu’il y a eu un surcroît d’utilisation du VTT en forêt à la suite du déconfinement et que, par ailleurs, il y a eu quelques petits incidents mettant en cause des VTT et certains moyens de les empêcher de passer sur des voiries en forêt.", répond Jean-Pierre Scohy.

Les vététistes ont récemment, à nouveau, dénoncé la présence de ces pièges dans certaines forêts. "Finalement, on constate sur le terrain que ce sont les victimes qu’on vient pourchasser.", s’étonne Olivier Béart, le porte-parole de la Mountain Biker Foundation. Tout en condamnant ces dispositifs, l’inspecteur général du DNF explique, pour sa part, que les vététistes omettent de préciser qu’ils sont placés sur des voiries sur lesquelles les VTT n’ont rien à faire.

Uniquement le bâton et pas la carotte

A propos des contrôles, Olivier Béart et la MBF jugent que : "On manie uniquement le bâton et pas du tout la carotte, parce qu’il y aurait aussi beaucoup de choses à faire en termes d’accueil des vététistes en forêt et, également, en termes d’organisation de la pratique. Nous sommes disponibles pour en discuter. Notre manifeste, d’une part nous demandons aux vététistes qui le signent de prendre certains engagements en matière de respect mais nous portons également des revendications. Je vais en citer deux. La première, ce serait d’étendre les possibilités de pratique également aux sentiers parce que cette distinction sentier/chemin dans la législation ne permet de régler aucun problème, au contraire, elle a tendance à en créer. Faire la distinction sur le terrain entre chemin et sentier, c’est pratiquement impossible. On devrait presque se balader avec son mètre en poche pour voir si ça fait plus ou moins qu’un mètre… Comment mesurer ? D’où à où mesure-t-on ? Au sol, entre les arbres ? En pratique, on constate aussi que les quelques problèmes quand ils se produisent, c’est plutôt sur des chemins larges et très fréquentés. Ce sont des notions de fréquentation qui peuvent parfois entraîner les crispations. D’autre part, il s’agirait de mettre l’accent sur la création de lieux de pratique adaptés, des endroits attractifs où notamment les touristes auraient envie de rouler, seraient dirigés naturellement et emmenés vers ce que nous avons de meilleur en Wallonie en termes de chemins et de sentiers, parce que nous avons de vraies richesses de ce côté-là, c’est dommage de ne pas les valoriser."

 

 

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