Des traces d'insecticides dans les plantes qui ornent nos jardins

Des traces d'insecticides dans les plantes qui ornent nos jardins
Des traces d'insecticides dans les plantes qui ornent nos jardins - © RTBF

Les fleurs que l'on plante dans nos jardins tuent-elles les abeilles? Greenpeace a analysé des plantes vendues en jardinerie et en magasin de bricolage et a constaté que des pesticides et insecticides étaient très souvent présents. Si aujourd'hui on ne mange pas ses fleurs, ces traces de pesticides et d'instecticides sont par contre dangereux pour les insectes et surtout les abeilles en grand danger chez nous. 

Dans cette jardinerie de Seraing, le week-end de l'Ascension est toujours le plus chargé de l'année.  Tout le monde vient y acheter des plantes et des fleurs pour embellir son jardin.  Toutes les plantes de ce magasin proviennent de cultures aux Pays-Bas.  Mais son propriétaire, René Bolland, n'a aucune idée de ce qu'elles ont subi comme traitement avant d'arriver dans ses étals. "Je n'en sais rien, je ne saurais pas savoir si elles ont été traitées ou pas, c'est tout à fait invisible.  C'est au niveau des fabricants, de ceux qui produisent les fleurs à respecter les normes et à ne pas en mettre" dit-il.

Aucun client ne s'en est jamais inquiété auprès de lui.  Et pourtant, Greenpeace a mené une étude sur la présence de pesticide et d'insecticide dans les fleurs d'ornement.  Sur 86 échantillons en provenance de dix pays, ces substances étaient présentes fréquemment.  Agrémenter son jardin peut donc se révéler dangereux pour la nature.  Juliette Boulet, porte-parole de Greenpeace Belgique explique: "Dans ces plantes, il y a énormément d'insecticides, de fongicides qui vont avoir un impact mortel sur ces animaux pollinisateurs.  Et donc, on fait l'effet inverse, plutôt que de polliniser, on détruit tous ces animaux".  

Il y a pourtant moyen de se passer de ces traitements.  C'est ce que fait Cathy Van den Daele, horticultrice, depuis un an.
Sa production de plusieurs centaines de mètres carrés lui permet de fabriquer quelques dizaines de bouquets par semaine.
Des fleurs bio et locales cultivées notamment grâce à ses chèvres. "Les chèvres mangent les choux, elles adorent.  Après, j'utilise leur purain pour mettre sur les cultures.  Je ne travaille pas avec des grosses machines, j'ai un petit motoculteur et je ne l'utilise pas souvent non plus" explique Cathy Van den Daele.   

Il y a urgence à modifier les pratiques car les abeilles sont menacées d'extinction en Europe.  Dans certaines ruches, le taux de mortalité atteint 80%, même si les plantes et fleurs de nos jardins ne sont certainement pas les seules responsables de cette disparition inquiétante.

 

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