Des pistes cyclables temporaires pour faciliter le déconfinement des liégeois

A Paris, à Bogota, ou comme ici à Berlin, l'épidémie a provoqué une changement dans le partage de l'espace routier, en faveur des cyclistes
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A Paris, à Bogota, ou comme ici à Berlin, l'épidémie a provoqué une changement dans le partage de l'espace routier, en faveur des cyclistes - © Tous droits réservés

L’un des problèmes de mobilité qui risquent de se poser lorsque les mesures de lutte contre l’épidémie vont s’assouplir, c’est que les transports en commun ne vont pas pouvoir circuler à pleine capacité. A cent ou deux cent dans un bus, ça risque de ne pas être permis, pour cause de distanciation sociale. Et les usagers vont vraisemblablement craindre de monter à bord d’un véhicule bondé. La tentation pourrait être forte d’adopter un mode de déplacement individuel. La voiture pourrait engorger les villes. Dans le contexte liégeois, avec le chantier du tram qui doit entrer dans une phase très active cet automne, la menace de paralysie est réelle.

Le groupe Urbagora propose d’anticiper, et de lancer dès à présent une réflexion "urbanisme tactique". Il s’agit de prévoir des aménagements rapides, temporaires, légers, pour créer des couloirs pour les deux-roues. L’exemple est, notamment, berlinois. Dans la capitale allemande, des marquages au sol de couleur orange, avec des plots et des balises de chantiers tous les deux ou trois mètres, ont commencé à se multiplier.

Il s’agit de prévoir une certaine largeur

Comme l’explique François Schreuer, "Depuis le confinement, chacun peut constater que les cyclistes sont de plus en plus nombreux dans les rues ; c’est dû à une baisse de la pression automobile : comme il y a moins de voitures, les gens qui, habituellement, ne se sentent pas en sécurité, commencent à oser prendre leur bicyclette. Nous suggérons, là où c’est possible, là où la voirie comporte plusieurs bandes de circulation, d’en réserver une aux vélos, avec suffisamment d’espace pour éventuellement se dépasser."

Un dispositif qui ne coûterait pas très cher, et qui présente plusieurs avantages par rapport aux "pistes" actuelles, qui se limitent souvent à une couche de peinture verte sur l’asphalte, une peinture qui s’efface, et qui n’offre finalement guère de protection. Il pourrait servir à combler les nombreuses discontinuités dans le réseau actuel des "modes doux". En complément, des chaussées plus étroites pourraient devenir réservées aux riverains, aux bus et aux cyclistes.

 

A la mi-août…

Et François Schreuer de poursuivre : "Il ne faut pas traîner : si la ville veut proposer à la rentrée une solution de mobilité pour les étudiants et les jeunes travailleurs, c’est maintenant qu’il faut réfléchir, et discuter avec les associations de terrain. " Et si ces infrastructures éphémères répondent à une demande, rencontrent le succès et l’adhésion, elles pourraient ultérieurement devenir durables.