Flémalle: des moutons rustiques pour préserver des milieux naturels rares

Blackfaces
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Blackfaces - © Bénédicte Alié

Depuis le début de ce mois d’octobre, une trentaine de moutons de la race rustique Blackface ont pris leur quartier dans la réserve naturelle "Aux Roches", un site d'anciennes carrières calcaires à Flémalle, un milieu très particulier qui accueille une végétation bien spécifique. Une initiative qui s'inscrit dans le cadre du projet "LIFE Pays Mosan", un vaste projet de conservation de la nature et de l'environnement, financé par des fonds européens et coordonné par l’asbl Natagora.

Des espèces plutôt méditerranéennes

"La carrière est intéressante pour les espèces liées à la chaleur, à la sécheresse et au calcaire. Quand la forêt reprend ses droits, c’est l’ombrage. Toutes ces espèces qu’on appelle des espèces à caractères méditerranéens ont tendance à disparaître. Le challenge est de maintenir les milieux ouverts pour permettre à ces espèces de se maintenir " explique Rudi Vanherck, un des responsables du " Life Pays Mosan " au sein de l'asbl Natagora.

Ces sympathiques ovins aux impressionnantes cornes, aux pattes et têtes colorées de noir, seront en quelques sortes les gestionnaires de ce site d'une trentaine d'hectares, petit coin de Provence sur Meuse, qui accueille une biodiversité exceptionnelle. "Ils vont pouvoir grimper dans des talus où se trouve des plantes où l’homme ne sait pas aller travailler" souligne encore Rudy Vanherck. "Ils vont aller attaquer la ronce et les petites broussailles. Le Blackface est parfait pour ce genre de travail car il est habitué à grimper sur des collines en Ecosse et à se balader dans les Landes."

Ces moutons proviennent de l'élevage de Daniel Geenen qui ne rentrera ses bêtes à l'étable, que si l'hiver se fait trop rude : "Ce n’est pas une question de froid car un mouton n’a jamais fait froid. Mettre un mouton dans une étable, c’est le punir. Ce n’est pas un élevage industriel qu’on fait. Je les ferai rentrer car quand il y aura de neige, il n’y aura plus rien à manger pour eux."

Aux côtés des Blackfaces, paissent aussi une dizaine de moutons du Cameroun et de l'île d'Ouessant.

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