Des menaces canadiennes sur un contrat "saoudien" de l'entreprise CMI

Lorsqu'il a été annoncé, à l'été 2014, ce contrat canadien a parfois été qualifié de marché du siècle pour la société CMI. Il s'élève à plus de trois milliards, il s'étale sur une dizaine d'années au moins. Il concerne le cœur de métier de l'entreprise sérésienne: des tourelles-canons, capable de tirer du gros calibre, et néanmoins équiper des blindés légers. C'est le véhiculier canadien General Dynamics qui en a commandé plusieurs centaines, pour les monter sur son modèle LAV, pour équiper, en fait, la garde nationale saoudienne.

Depuis quelques jours, notamment depuis l'exécution d'un dignitaire chiite, opposant au régime, le royaume wahhabite subit la réprobation de la communauté internationale. Et les ventes d'armes à ce pays suscitent de vives critiques de la part des militants des droits de l'homme. Le contexte canadien se double d'un récent changement de gouvernement: le nouveau premier ministre, libéral, entend rompre avec la politique de son prédécesseur, conservateur. Il a notamment annoncé un rapprochement avec la République Iranienne, l'autre puissance régionale du Moyen-Orient. De quoi remettre en cause la livraison de matériel militaire aux saoudiens, et par voie de conséquence menacer  General Dynamics et CMI d'un sérieux manque à gagner ? Jusqu'ici, il n'en n'est officiellement pas question: outre-Atlantique, l'affaire est perçue comme une banale fourniture d'un transporteur de troupes. La presse, depuis deux ou trois jours, multiplie les révélations sur la véritable portée, la "létalité" de ces équipements. C'est encore le cas, ce jeudi, dans l'édition du grand quotidien anglophone The Globe and Mail. Une sorte de mise sous pression....

La société CMI, à ce stade, n'a pas réagi à ces derniers développements.

 

Newsletter info

Recevez chaque matin l’essentiel de l'actualité.

OK