Des enseignants remplaçants payés avec des mois de retard

Payer ses factures, pas toujours simple pour les enseignants remplacés touchant leur salaire avec parfois plusieurs mois de retard
Payer ses factures, pas toujours simple pour les enseignants remplacés touchant leur salaire avec parfois plusieurs mois de retard - © Pixabay - CC0 Creative Commons

Ne pas pouvoir payer son loyer, ses factures et autres frais en temps et en heure parce que son salaire arrive avec plusieurs mois de retard, c'est le problème auquel sont confrontés plusieurs enseignants de la Ville de Liège, mais pas seulement. Il s'agit d'enseignants effectuant des remplacements. Une situation dont l'origine est sujette à divergence.

Ayant effectué un remplacement de deux mois à partir d'octobre dernier dans une école de la Ville de Liège, notre témoin n'a toujours pas reçu son salaire. Et au départ, aucune explication : " J’ai travaillé durant deux mois. Ça fait plus d’un mois que je ne travaille plus et je n’ai toujours pas reçu mon salaire. On ne m’a rien expliqué avant que je ne le demande. Je ne savais pas que je n’aurais pas mon salaire en temps et en heure ", explique-t-il.

" Fin novembre, j’ai été trouver la direction en demandant comment cela se faisait que ne j’avais rien reçu car normalement, mon dossier était rentré à temps à la Ville et j’aurais dû recevoir mon traitement fin novembre. De là, la direction m’a annoncé que comme il fallait une dérogation pour travailler dans l’immersion, j’étais retardée dans mon paiement. Elle m’a assuré en même temps que mes papiers étaient en ordre et que je serai payée fin décembre. Arrive le dernier jour de décembre et je constate que je n’ai toujours rien reçu. Je devais me rendre à la Ville pour déposer un papier et je pose la question à une dame qui m’annonce que mon dossier à la Communauté française est vide. Elle m’annonce en fait que pour l’année 2018-2019, la Communauté française n’a aucune information à mon sujet et que dès lors, c’est normal que je ne reçoive pas mon salaire. On me donne les coordonnées de la personne adéquate à la Communauté française et celle-ci, finalement, m’annonce que mon dossier est en ordre mais que c’est la Ville qui n’a pas fait son travail car ils ont envoyé la fameuse dérogation trop tard pour que je sois payée ", ajoute-t-elle, en espérant être payée fin janvier.

Cette affirmation, l'échevin liégeois de l'Instruction, Pierre Stassart, la dément, tout en reconnaissant le problème, qu'il attribue à la Communauté française uniquement : " La Communauté française a des retards répétitifs. Ça a été pire il y a deux ans lors de l’introduction du décret titres et fonctions. Nous nous sommes alors retrouvés avec des dizaines d’enseignants qui n’étaient pas payés dans des délais raisonnables. La vérité, c’est que les procédures internes à la Communauté française sont trop longues ou que leur personnel est en sous-effectif. Nous avons été suffisamment confrontés à ce genre de problème et maintenant ils réapparaissent. Même si pour le moment c’est dans des quantités moindres qu’il y a deux ans et que la Ville peut faire des avances sur traitement aux enseignants ", se défend l’échevin.

Une avance sur salaire qu'a reçu notre témoin, pour un mois seulement et pour le tiers du salaire mensuel.

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