Des élus politiques visitent le centre fermé de Vottem à l'invitation d'associations

Des élus politiques visitent le centre fermé de Vottem à l'invitation d'associations (photo d'illustration)
Des élus politiques visitent le centre fermé de Vottem à l'invitation d'associations (photo d'illustration) - © RTBF

Sept élus des principaux partis politiques francophones ont visité ce samedi le centre fermé de Vottem. Ils répondaient à l'invitation des associations de défense des droits des étrangers. L'objectif de cette initiative, c'était évidemment de sensibiliser les hommes politiques à la réalité de ces centres de détention et aussi les inciter à utiliser leur contrôle démocratique.

D'autant qu'on le sait, le Secrétaire d’État à l’Asile et à la Migration, le NVA Théo Francken, rappelle régulièrement sa volonté de créer de nouvelles places en centres fermés. Une politique à laquelle s'oppose le député fédéral cdH Michel de Lamotte. Le Liégeois faisait partie de la délégation en visite au centre fermé de Vottem: "Je pense que c'est un non sens de créer des centres fermés comme celui qu'on crée ici ou qu'on projette de construire encore. Ici, j'ai rencontré des gens avec qui j'ai parlé en toute liberté et qui sont soit dans des procédures, soit en bout de procédure. Ils savent bien qu'ils vont être rapatriés, mais ils ne font de mal à personne, et c'est un peu choquant".

Choquant

Choquant, c'est également le sentiment de la députée bruxelloise PTB Claire Geraets. Nous avons recueilli sa réaction à la sortie du centre fermé de Vottem: "La plupart ont aussi des liens ici, ils ont une famille, ils ont parfois des enfants. Donc pourquoi est-ce que ces gens sont enfermés? Pour moi, c'est inhumain. Ce qu'il faut, c'est pouvoir avoir des critères reconnus et humains de régularisation. Et aussi, pour les personnes qui n'entreraient pas dans ces critères, d'avoir une possibilité de pouvoir se réinsérer dignement dans leur pays d'origine".

Une violation des droits humains

De son côté, la députée bruxelloise Défi Fatoumata Sidibé s'oppose elle aussi à la politique menée par Théo Francken: "Ici, ce que je constate, c'est qu'il y a quand même une violation des droits humains en ce sens qu'il y en a quand même beaucoup qui ont été arrêtés dans le tram, le train, les bus, dans la rue, et que certains ont aussi été arrêtés dans le parc Maximilien" explique-t-elle. "Je constate également que j'ai rencontré un jeune homme qui dit qu'il a 16 ans -il parait très très jeune- et qui vient du Soudan. Il y a quelques Soudanais qui sont dans cette pièce, et je me demande vraiment pourquoi ils sont là. Fondamentalement, je pense qu'aujourd'hui, la politique qui est menée par Francken, c'est la répression, c'est criminaliser les étrangers et ça ne mène à rien".

Au terme de cette visite, chaque politicien a reçu un questionnaire à faire remonter au niveau de son parti. Parmi les sujets abordés dans ce questionnaire: les alternatives à la détention, l'enfermement des enfants, le respect de la vie familiale des détenus ou encore la mise en place d'un organisme de contrôle des centres fermés.

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