Des camions pour livrer le gaz naturel là où le réseau n'arrive pas

Sur la carte de la province de Liège, en bleu, les localités raccordées au réseau du gaz naturel
Sur la carte de la province de Liège, en bleu, les localités raccordées au réseau du gaz naturel - © Tous droits réservés

Dans les années trente, les habitants de Saint-Vith ont connu un réseau de gaz de ville. Mais il a été détruit au cours des bombardements de la seconde guerre mondiale, et il n’a pas été reconstruit. Depuis, les habitants se chauffent au mazout ou au propane. C’est l’une de ces "zones blanches", privées de gaz naturel. Le territoire wallon n’est en effet pas entièrement couvert. C’est la conséquence de conditions de rentabilité très strictes imposées par le régulateur de l’énergie : s’il faut trop de kilomètres de canalisations pour atteindre très peu d’habitants, pas question de raccordement.

L’intercommunale Resa a présenté ce jeudi un projet expérimental, en collaboration avec le groupe Fluxys. Une "station mère", à Stavelot, sans doute aux abords de l’ancien circuit, s’occuperait de comprimer le gaz naturel, transporté ensuite par camion porte-conteneurs vers une unité de détente, à Saint-Vith, et de là, fourni aux clients. D’abord les entreprises de trois parcs industriels des alentours, puis des bâtiments publics, école, clinique ou maison de repos, et enfin aux particuliers. C’est une "première" belge…

Comme l’explique Luc Warichet, de l’intercommunale Resa, "selon nos estimations, la consommation pourrait nécessiter un camion par jour, ce qui représente trois tonnes de dioxyde de carbone par an ; mais le gaz naturel a un énorme avantage sur ce point, et notre projet économiserait quinze cents tonnes de CO2 par rapport au mazout, le calcul environnemental est très clair". D’autant que son directeur général Gil Simon, renchérit : "Le mazout, ce sont également des rejets d’azote ou de particules fines, nuisibles pour la santé. Et puis le gain n’est pas seulement écologique, il est économique : le chauffage au gaz naturel est la formule la moins chère". Un argument auquel les autorités locales sont sensibles, à l’instar du député germanophone Gregor Frèchess : "Nous sommes dans une région frontalière, nos entreprises doivent être mises dans les meilleures conditions de concurrences ; or, la commune de Malmedy, et même le village de Waimes disposent ou vont disposer du gaz naturel : il est normal de notre ville soutienne ce projet pilote".

Le temps d’obtenir les permis d’urbanisme et d’implanter le réseau local de Saint-Vith, les premières livraisons de gaz naturel comprime devrait intervenir à la fin de l’année prochaine.

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