Des bodycams pour la police de Liège

Légères et discrètes, 56 bodycams viendront compléter l’équipement des policiers et policières de Liège dès ce jeudi 20 mai.  Elles répondent aux critères militaires de robustesse  et d'étanchéité. Elles sont destinées à filmer les interventions où l’agent pressent un usage de la contrainte. L’usage répond à un cadre défini, comme nous le détaillent les commissaires Anne Onclin et Antoine Sindaco, membres du groupe de pilotage des bodycams.

Tous deux sont satisfaits du dispositif. "C’est une caméra qui pèse à peine 160 grammes, donc ça ne va pas du tout impacter le poids du gilet pare-balles sur lequel elle est fixée", décrit Antoine Sindaco. "Puis le fonctionnement est simple, il n’y a que quelques boutons. Il suffit d’un double-clic pour lancer l’enregistrement et d’un appui long pour le stopper."

Reportage dans notre 19h30 de ce mercredi 19 mai :

Quand ces caméras seront-elles utilisées ?

Les caméras n’enregistreront pas en continu. "La bodycam est enclenchée sur initiative du porteur ou par son supérieur hiérarchique et c’est réglementé de manière très stricte, notamment par la loi sur la fonction de police", précise la commissaire Anne Onclin.

C’est réglementé de manière très stricte.

L’enregistrement ne sera donc lancé que lorsque l’intervention est de nature à déclencher un usage de la contrainte. Et la personne en face devra obligatoirement en être avertie : "On doit faire un avertissement oral préalable. Il doit être fait dès que possible. Si tout va bien, on prévient et ensuite on déclenche la caméra. Mais on demande aussi au policier de ne pas se mettre en danger, donc si l’avertissement oral n’est pas possible en amont, alors il sera fait quelques minutes après", complète son collègue Antoine Sindaco. " Une fois le calme revenu, on éteint la bodycam", conclut la première.


►►► La bodycam, comment ça marche ? 


 

À quoi les images vont-elles servir ?

Le policier en intervention ne voit pas ce qu’il filme. Les images sont enregistrées sur une carte mémoire, et c’est de retour au commissariat qu’elles sont injectées sur un serveur, et qu’elles peuvent être consultées par l’agent, et uniquement lui. Elles sont cryptées, lisibles seulement une station informatique de la police zonale. Elles seront conservées trente jours, ou 365 si décision judiciaire. 

La bodycam doit permettre de relater les faits de manière plus précise.

"L’objectif" souligne Anne Onclin, "c’est de lui fournir un aide à la rédaction d’un procès-verbal. Parfois, l’inspecteur ne voit pas tout ce qui se passe à la périphérie de son intervention, ou alors il arrive d’oublier des détails. La bodycam doit permettre de relater les faits de manière plus précise. Mais il y a également une utilité pédagogique: les images vont nous servir à analyser, donc à améliorer, nos modes opératoires."

La police zonale escompte un effet de dissuasion

C’est donc présenté comme un outil de formation, et d’appui judiciaire, dès lors que les images et les sons vont restituer les dialogues et les atmosphères. La commissaire Onclin souligne également le côté dissuasif de la bodycam : "Il est permis d’espérer que quelqu’un, simplement par le fait de se savoir filmé, va être ramené à la réalité, et que des situations de tension ne vont pas dégénérer." Un outil de désescalade, en quelque sorte. 


►►► La bodycam, à quoi va-t-elle servir ? 


La bodycam est conçue pour enregistrer quelque chose qui soit le plus proche de la vision humaine. Antoine Sinaco : "L’angle de vue est de 140°, c’est très proche du champ de vision humain. Mais il faut tenir compte de l’effet tunnel : lorsqu’un policier est occupé à menotter un individu, il se concentre sur sa tâche, sur la personne qu’il immobilise, et là, son champ de vision se limite à 25° voire 15°, et donc, dans ces circonstances, la bodycam enregistre plus que ce que l’agent a pu voir." Elle ne filme pas en infrarouge, dans l’obscurité, puisque le policier n’a pas non plus de vision nocturne.

Le coût de ce dispositif, pour la première année, tourne autour de 1000€ à l’unité, achat de l’équipement, acquisition de la licence, et contrat de maintenance compris. Une évaluation est prévue dans un an. 

 

 

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