Des archéologues cherchent les origines de Verviers derrière l'hôtel de ville

Sous le parking, un ancien cimetière
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Sous le parking, un ancien cimetière - © RTBF - François Braibant

Des fouilles archéologiques sont en cours sur la place du marché à Verviers, sur le petit parking derrière l'hôtel de ville, en face des bureaux de l'Etat-civil. Un carré d'une dizaine de mètres de côté est ouvert et entouré de barrières. Les archéologues sont à la recherche des traces du Verviers médiéval, qui est encore très mal connu.

Des fondations et une surface pavée de galets

« On est en pleine grande découverte là » s'enthousiasme l'archéologue Jean-Marc Léotard. « On ne sait pas très bien à quoi on doit assimiler les structures qui sont sous nos yeux, des fondations de bâtiment, qu'on essaie de dater. »

A côté de cet angle droit de murs épais, qui pourrait être un vestige de fortification, on remarque, juste à côté du petit escalier, une surface pavée. C'est peut-être un reste de rue. « Ce sont des galets de rivière utilisés de manière un peu opportuniste » remarque Denis Henrard. « Un peu comme sur la belle place de Limbourg. Elle est en pente. C'est sans doute une rampe d'accès à la place, probablement pour les charrettes. »

Des restes humains

Il y a longtemps, la place était beaucoup plus petite, entourée de maisons, comme un fort. Avec l'ancienne église saint-Remacle au milieu. Et un cimetière que Marie Théry est occupée à fouiller : « Oui. C'est un squelette. Ici, nous avons les jambes. Il est très près de la surface du sol. C'est un cimetière qui a été utilisé jusqu'aux alentours de 1830. » Le squelette est très proche de la surface, mais il ne faut pas en conclure pour ça qu'il est récent. Au contraire. La butte a été arasée au moment de la construction de l'hôtel de ville. Les archéologues pensent qu'il manque ici au moins un mètre de couches de terre.

« Dater un squelette sans matériel associé autour de lui, c'est très difficile » explique Denis Henrard. « Celui-ci peut voyager entre le neuvième et le seizième siècle. »

De mystérieux zig-zags

Au tout début des fouilles, sous le tarmac du parking, sont apparus les pavés d'avant-guerre. Bizarrement, sur cette surface se dessinaient deux grands zig-zags sans pavés. « Au début, on n'a pas compris » raconte Catherine Bauwens. « Ce sont des passants qui nous ont expliqué. Régulièrement, il y a des gens qui viennent nous voir, qui nous demandent comment ça va, si on trouve des choses. Et quand ils ont vu les zig-zags, plusieurs vieux verviétois nous ont expliqué qu'au début de la guerre, on avait creuse des tranchées sur la place. Des tranchées pour que les gens puissent se mettre à l'abri en cas de bombardement. Et ces tranchées sont en zig-zag parce que ça protège mieux que des tranchées rectilignes. » L'archéologie, c'est ça : lire dans le sol l'histoire de ceux qui nous ont précédés.

Les archéologues fouilleront jusque septembre-octobre. Ensuite, la place reviendra aux verviétois.

 

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