Des animaux empoisonnés par des chasseurs, une pratique pas si rare

Des cadavres d'animaux ou de la viande empoisonnés par des chasseurs afin de tuer du petit gibier comme les renards, c'est une pratique qui n'a pas disparu. Une pratique dangereuse car les chiens, chats et rapaces en sont aussi victimes.  Le chien d'un promeneur en a été victime il y a quelques jours en Hesbaye et l'Unité anti-braconnage confirme que la pratique n'est pas si rare.

 François est un habitué des balades en forêt, des balades en compagnie de ses chiens. Il y a quelques jours, en Hesbaye, il a connu une triste mésaventure : " Mon chien s’est écarté du chemin public d’une dizaine de mètres et je l’ai vu prendre de la nourriture dans sa gueule (un poulet pour l’alimentation humaine). Rapidement, je me suis tracassé de ce que ça pouvait être et je lui ai demandé de lâcher. Par précaution j’ai décidé de me rendre en vitesse chez mon vétérinaire d’autant que quarante mètres plus loin, j’ai trouvé un rapace mort qui avait été empoisonné probablement par cet appât. Une demi-heure après l’absorption du produit, mon chien était en danger de mort immédiat ", relate-t-il.

Autrefois, utiliser un poison comme la strychnine pour empoisonner renards et autres petits animaux était assez fréquent. Aujourd'hui, ce poison a plutôt été remplacé par d'autres, régulièrement utilisés dans l'agriculture. Et Philippe Brasseur, garde forestier à l'Unité anti-braconnage de la Région wallonne le confirme, la pratique est loin d'avoir disparue, surtout au Nord du sillon Sambre-et-Meuse : " Malheureusement ça arrive encore. L’empoisonnement des renards et autres mustélidés est interdit depuis 1972 mais annuellement, en moyenne en Région wallonne, nous avons quatre ou cinq cas d’empoisonnements d’animaux par ce genre de pratique. Ce sont soit les titulaires des droits de chasse, soit les gardes-chasse eux-mêmes qui font ça car ils considèrent que les renards et les autres mustélidés, voire même les rapaces, sont des concurrents pour eux car ils capturent et mangent de temps en temps du petit gibier. Et évidemment, ça ne leur plaît pas ", confirme-t-il.   

C’est une technique qui peut être très dangereuse car toutes les autres espèces, qui peuvent d’ailleurs être protégées, peuvent consommer ces appâts empoisonnés, et notamment les chiens et les chats qui circulent en bordure de bois ou de plaine. Dans ce type de cas, nous dressons systématiquement procès-verbal et il y a une enquête pour essayer d’identifier l’auteur des faits. Nous arrivons régulièrement à les retrouver et celui-ci est alors traduit devant la Justice, et il y a des condamnations à la clé. Les peines peuvent aller jusque 1.000 euros et une semaine de prison ", détaille Philippe Brasseur.

Du côté du conseil cynégétique de Hesbaye, les responsables se disent très étonnés et affirment n'avoir pas connaissance de telles pratiques.

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