Denis Ducarme sur les oeufs et la charcuterie : fact-checking

Le ministre fédéral de l'agriculture et des PME Denis Ducarme ce lundi matin sur La Première
Le ministre fédéral de l'agriculture et des PME Denis Ducarme ce lundi matin sur La Première - © RTBF

Les suites du scandale alimentaire qui touche la viande et les oeufs. Ce lundi matin, Denis Ducarme était l'invité de Thomas Gadisseux sur La Première. Le ministre fédéral de l'Agriculture a défendu sa décision de ne pas aller en appel dans le dossier Derwa (celui "du saucisson au jambon"), et celle de donner du bois de rallonge à l'emballeur d'oeufs Baltus. Fact-checking des propos de Denis Ducarme. 

Pas nuisible pour la santé ?

L'afsca soupçonne notamment la fabrique de charcuterie de la société Derwa, La Vieille Abbaye, d'introduire des chutes de jambon périmées dans son saucisson au jambon. Ce n'est pas le seul reproche. L'afsca souligne aussi, à plusieurs reprises, des problèmes d'hygiène et de traçabilité. L'agence retire son agrément à la fabrique de charcuterie. Derwa gagne en justice. Le ministre refuse d'aller en appel. "Moi, je suis intransigeant avec les producteurs- peu - qui mettent en danger la sécurité du consommateur. On n'est pas dans un cas comme celui-là pour ce qui concerne Derwa" soutient Denis Ducarme dans son interview. 

Pourtant, le 15 juin 2017, dans son PV d'audition, l'administratrice Anne Derwa admet ceci : "Il manque 433 kilos [de chutes de jambon] dont je ne peux pas démontrer l'utilisation. Il est donc possible qu'ils aient été utilisés [...] en dehors de leur date limite [...] ce qui selon la législation les rendrait nuisibles".

Deuxième argument de Denis Ducarme :  "Les droits de la défense n'ont pas été respectés". Ces propos du ministre sont fondés. C'est sur cet argument de procédure juridique que la société Derwa a gagné en justice. Le spécialiste du droit des sociétés consulté par la RTBF confirme que l'afsca risquait bien de perdre de la même manière si elle introduisait un appel.

L'emballeur d'oeufs Baltus, la crise du fipronil et les dates

Ensuite, Denis Ducarme aborde le cas de l'emballeur d'oeufs Baltus. Et le ministre insiste sur les dates : "Le dossier Baltus est un dossier qui date de 2016." L'afsca a contrôlé Baltus en 2016, c'est vrai. Elle y souligne des problèmes de traçabilité et d'hygiène. Mais c'est durant l'été 2017, en pleine crise du fipronil, que l'agence y découvre que la société "n'a pas prévenu l'entièreté de ses clients qu'elle leur avait livré des oeufs contaminés au fipronil". Ceci se trouve dans le recommandé du 2 octobre par lequel l'afsca signifie à Baltus son intention de lui retirer ses autorisation et agréments. 

Le ministre veut séparer son action de la crise du fipronil. Et c'est vrai, quand Denis Ducarme intervient, c'est au bout de la procédure. Quand il donne deux délais supplémentaires à l'emballeur d'oeufs, la crise du fipronil est terminée. A ce moment, des oeufs contaminés ne risquent plus de se retrouver dans les coquetiers.

Mais c'est une société qui "n'a pas prévenu l'entièreté de ses clients qu'elle leur a livré des oeufs contaminés", une entreprise qui n'a pas pu "établir une relation correcte entre l'entrée des oeufs et leur sortie" au moment de la crise qui bénéficie du coup de pouce ministériel.

Finalement, après une série de contrôles et de recontrôles de son système de traçabilité, l'emballeur d'oeufs se met en ordre... une demi-année après la découverte chez Baltus d'un problème d'oeufs au fipronil. 

AFSCA: Denis Ducarme se défend au JT du 16/04

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