Démolition de trois maisons reprises au patrimoine de la Ville de Liège: "Un beau gâchis"

Madeleine Mairlot, présidente de "SOS Mémoire de Liège" et Joseph Delhaxhe, président du "Vieux Liège".
Madeleine Mairlot, présidente de "SOS Mémoire de Liège" et Joseph Delhaxhe, président du "Vieux Liège". - © RTBF - Marc Hildesheim

A Liège, les associations de défense du patrimoine montent à nouveau aux barricades. Cette fois, c'est pour dénoncer des démolitions en cours : celles de 4 maisons de la rue Puits-en-Sock en Outremeuse, dont 3 étaient reprises dans l'inventaire du patrimoine de la Ville de Liège. 

Nous nous sommes rendus sur place et nous pouvons le confirmer : de ces maisons, il ne reste déjà quasi plus que des gravas. La façade en pierre calcaire d'une de ces bâtisses datait de la première moitié du 18ème siècle et était donc reprise dans l'inventaire du patrimoine de la Ville.

Cette rue nous reportait au 18ème siècle

Président de l'association "Le Vieux Liège", Joseph Delhaxhe estime que ... c'est un beau gâchis : "Dans l'ensemble, nous avions un intérêt à conserver cette rue intacte parce qu'elle nous reportait au 18e siècle" explique-t-il.

Ces maisons n'étaient pas classées mais elles étaient reprises dans l'inventaire du patrimoine de la ville. Quelle est la nuance ? Nous avons posé la question à Joseph Delhaxhe : "Ce sont des spécialistes qui se sont promenés dans toute la ville et qui ont repéré les façades intéressantes. Les façades intéressantes sont mises sur une liste de protection sans être classées mais pourraient être classées au moment où l'on trouverait ça nécessaire. Ici, on a tout arraché, on a tout fait alors que nos deux associations s'étaient depuis au moins deux ans étonnées de cette demande de démolition. On n'en a absolument pas tenu compte et c'est un peu dommage".

Maintenir la façade était compliqué, voire impossible

Les autorités communales, de leur côté, justifient cette démolition. Du côté de l'échevinat de l'urbanisme, on confirme que la façade la plus intéressante était effectivement "pastillée", autrement dit qu'elle méritait une attention particulière pouvant aller jusqu'au classement. Mais à la Ville, on dit avoir fait une "balance des intérêts". La ville a racheté le bâtiment pour le transformer en commerces et logements. Et maintenir la façade était "compliqué, voire impossible". D'où cette démolition dont le permis a été accordé par la Région wallonne.

Contrairement à la maisons Rigo dans le quartier des Guillemins, les pierres et ornements ne seront pas entreposés et conservés. Ils seront vendus par l'entrepreneur en démolition.     

 

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