Déconfinement: un vrai parcours d'obstacles pour les malvoyants

Déconfinement: un vrai parcours d'obstacles pour les malvoyants (illustration)
Déconfinement: un vrai parcours d'obstacles pour les malvoyants (illustration) - © THIERRY ZOCCOLAN - AFP

La distance physique, les sens de circulation, les marquages au sol. Ce sont des nouvelles règles qui font désormais partie de notre quotidien. Mais qui sont impossible à respecter pour les aveugles et les malvoyants.

Un sentiment d'abandon

Ils se sentent complètement laissés pour compte. Car pour eux, le quotidien est devenu un parcours d'obstacles. Nous avons recueilli le témoignage de deux Liégeoises malvoyantes.

Un chauffeur derrière une vitre de plexiglas. Un nombre de places limitées. Pendant le confinement, Marie-Madeleine, malvoyante, a tout fait pour éviter les transports en commun: "J'ai réappris à prendre le bus. Je ne savais pas exactement combien de personnes il y aurait dans l'autobus. Si le bus était complet, je n'aurais pas su lire la bande lumineuse du bus... à un tel point qu'un jour, ne sachant pas si je pourrais monter dans le bus, je suis allée à mon rendez-vous à pied, pour être sûre d'arriver à l'heure".

On ne sait pas où se trouve le gel, ni si le caddie a été désinfecté

Une angoisse que Nathalie, aveugle depuis l'adolescence, connait bien. Sa hantise à elle: le supermarché: "On n'a pas les informations, on ne sait pas où on peut patienter, on ne voit pas où se trouvent les lignes d'attente, on ne sait pas où se trouve le gel, on ne sait pas si le caddie a été désinfecté, dans quel sens on peut aller, même pour les caisses. On ne sait pas ce qu'on peut toucher, ce qu'on ne peut pas toucher. C'est un manque d'informations".

Sans repères, on est désorientés

Et puis il y a aussi cette distance physique entre chacun: 1,50 mètre qui complique franchement tout pour Marie-Madeleine: "C'est devenu notre mode de fonctionnement. On a besoin de toucher. Pour un vêtement par exemple, je vais me demander si je peux toucher pour me rendre compte de ce que c'est, nous sommes fort tactiles, et si on perd ces repères-là, on est désorientés".


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Marie-Madeleine, comme Nathalie, espèrent que les choses vont rapidement changer. Et que leur handicap sera bientôt pris en compte. Pour leur permettre à elles aussi de retrouver un quotidien normal dans un monde qui se déconfine.
 

 

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