Déconfinement : la colère des commerçants ambulants

Ils font partie des oubliés du conseil national de sécurité de vendredi : les commerçants ambulants. Alors que les commerces pourront rouvrir le 11 mai moyennant certaines précautions, pas un mot sur les marchés et tous ces commerçants ambulants. Ils sont 15.000 en Wallonie.

Si certains maraîchers peuvent vendre à la ferme ou en livraison, d’autres marchands sont complètement à l’arrêt. Et le plus inquiétant, c’est l’absence de perspective : "on est inquiet, on a peur que les marchés soient considérés comme lieu de grand rassemblement et qu’on ne puisse pas retravailler avant fin août et ça, ce n’est pas possible", explique Léonard Monami, le président de la FENACA, la fédération nationale du commerce ambulant.

La fédération avait pourtant fait des propositions au niveau national pour plus de sécurité : masques sur les marchés, gel hydroalcoolique aux échoppes, gants pour les marchands également et puis des barrières nadar pour canaliser les clients, éviter qu’ils ne touchent, par exemple, les fruits et légumes. "On n’a eu aucune réponse du fédéral", constate Léonard Monami.

Bloquer les galeries commerciales

Les ambulants sont désespérés : "il y a déjà eu un suicide du côté de Beauraing. Une personne qui avait déjà des difficultés financières et qui n’a pas résisté à cette crise. Il faut dire qu’avant le confinement, il y avait déjà eu 5 dimanches de grands vents, beaucoup n’ont rien gagné ces jours-là. Certains ont reçu l’aide financière annoncée mais c’est trop peu par rapport à leurs charges. Les marchands textiles n’ont rien vendu de leur collection d’été et doivent avancer l’argent pour commander maintenant pour l’hiver. Un petit camion magasin, c’est 150.000 euros et certains dépassent les 300.000. C’est intenable."

L’annonce de la réouverture des autres commerces le 11 mai fait bondir les ambulants : "c’est de la colère et j’ai même vu que certains, si rien ne changeait, menaçaient de bloquer la galerie commerciale du Cora de Châtelineau le 11", ajoute le président de la Fenaca qui demande une réponse urgente des autorités.

 

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